Le groupe Etat islamique sous pression à Kirkouk et Tikrit

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(Avec précisions sur les offensives à Kirkouk et Tikrit, déclaration du commandant de l'armée américaine à Bagdad) ERBIL, Irak, 9 mars (Reuters) - Les forces kurdes ont attaqué lundi des positions de l'Etat islamique dans le secteur de Kirkouk, ville pétrolière du nord de l'Irak, pendant que l'offensive de l'armée irakienne et de ses alliés se poursuit près de Tikrit. L'offensive des peshmergas est appuyée par des frappes aériennes de la coalition mise en place par les Etats-Unis. Selon le gouverneur de Kirkouk, Najmaldin Karim, l'objectif est d'éloigner les combattants djihadistes de la ville dont les Kurdes ont pris le contrôle en août dernier, alors que l'armée irakienne avait été mise en déroute par l'Etat islamique (EI)dans le nord de l'Irak. La situation de Kirkouk reste en effet fragile, la ligne de front n'étant par endroits distante que de 20 km du centre de la ville pétrolière. Fin janvier, une offensive lancée par les combattants de l'Etat islamique avait brièvement enfoncé les défenses kurdes de la ville. D'après un journaliste de Reuters, l'artillerie kurde a pilonné les positions de l'EI à l'aube avant de progresser sur un front d'une trentaine de kilomètres de large au sud-ouest de la ville, chassant les djihadistes de plusieurs localités, dont celles de Mala Abdallah et Tel Ward. "Ce matin, nous avons lancé une offensive en suivant trois axes", a déclaré à Reuters le général Omar Saleh Hassan. "Notre progression se poursuit." D'après le général, les djihadistes n'ont jusqu'à présent opposé qu'une faible résistance aux peshmergas, peut-être parce qu'ils ont mobilisé leurs troupes pour défendre Tikrit, à 110 km au sud-ouest de Kirkouk. L'armée irakienne et les miliciens chiites qui l'appuient ont lancé lundi leur offensive contre Al Alam, au nord de Tikrit, un des derniers obstacles qui se dressent sur leur chemin avant de pouvoir entrer dans la ville de l'ancien dictateur Saddam Hussein. LES ANTIQUITÉS, PAS UNE PRIORITÉ POUR WASHINGTON Des éléments gouvernementaux ont franchi le fleuve Tigre, à l'ouest de la ville, tandis que d'autres unités avancent à partir d'autres directions, ont dit des officiers qui participent à l'offensive. "Nous avons des informations fiables selon lesquelles il n'y a plus que quelques combattants de Daech à l'intérieur d'Al Alam, pour la plupart des kamikazes et nous les attaquons donc de plusieurs directions à la fois pour ne pas leur laisser le temps de souffler", a expliqué le maire de la ville, Laith al Djubouri. Des affrontements ont lieu au sud, au nord et à l'ouest de la ville, a-t-il ajouté. Si les "forces populaires", le nom donné par les autorités de Bagdad aux milices chiites armées et coordonnées par l'Iran, sont en première ligne à Tikrit, la coalition internationale formée par les Etats-Unis s'est abstenue jusqu'à présent de participer à cette bataille. En visite à Bagdad lundi, le commandant en chef de l'armée américaine, le général Martin Dempsey, a résisté aux pressions visant à impliquer davantage les Etats-Unis dans le conflit. Répondant aux autorités irakiennes qui ont réclamé davantage de frappes aériennes pour protéger ses sites antiques, après le pillage et la destruction du musée de Mossoul et des sites archéologiques de Nimrud et Hatra, le général Dempsey a expliqué que la priorité des militaires américains était de protéger les habitants des zones densément peuplées. "Il est donc assez difficile pour nous de donner la priorité aux zones où il y a des antiquités, même s'il y a des moments où cela peut être possible. Ce sont des priorités à déterminer avec nos partenaires irakiens", a-t-il dit. (Isabel Coles, avec Ahmed Rasheed et Saif Hameed à Bagdad; Henri-Pierre André et Tangi Salaün pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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