Le "groupe des Six" et l'Iran discutent du nucléaire à Bagdad

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Le "groupe des Six" et l'Iran discutent du nucléaire à Bagdad
Le "groupe des Six" et l'Iran discutent du nucléaire à Bagdad

par Justyna Pawlak et Patrick Markey

BAGDAD (Reuters) - L'Iran et le "groupe des Six" -les cinq pays du Conseil de sécurité de l'Onu (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie) plus l'Allemagne- ont entamé mercredi à Bagdad des discussions sur le dossier du nucléaire.

L'enjeu de la réunion peut difficilement être plus élevé: les marchés pétroliers sont nerveux à la suite des sanctions visant les exportations de brut iranien et en raison du risque de frappes israéliennes contre les sites atomiques de l'Iran, qui menace de riposter en cas d'attaque.

Pour autant, Catherine Ashton, la représentante de la diplomatie européenne, a fait savoir qu'elle ne s'attendait pas à de spectaculaires avancées durant les discussions de Bagdad, même si, a dit son porte-parole, les puissances mondiales vont tenter d'arracher à l'Iran des concessions sur la question de l'enrichissement d'uranium.

"Nous avons une nouvelle proposition qui prend en compte nos principales inquiétudes à propos du programme nucléaire iranien. Notamment la question de l'enrichissement à 20% de l'uranium", a indiqué Michael Mann, porte-parole de Catherine Ashton, après le début de la réunion.

"Nous espérons que les Iraniens répondront de manière positive et que nous pourrons progresser aujourd'hui. Je ne pense pas que nous aurons de résultat spectaculaire aujourd'hui. Si tout se passe bien, nous allons faire des progrès solides", a-t-il cependant nuancé.

L'objectif général des grandes puissances est d'obtenir l'accord de Téhéran à des mesures permettant de rassurer quelque peu l'Occident quant aux soupçons pesant sur l'existence d'un volet militaire au programme nucléaire iranien.

Parmi les mesures envisagées figure une idée déjà évoquée en 2009, qui envisageait que l'Iran fasse retraiter à l'étranger l'essentiel de ses stocks d'uranium appauvri, en échange de combustible plus riche, destiné à un réacteur de recherche médicale situé à Téhéran, explique un diplomate.

Les six puissances vont en premier lieu chercher à ce que l'Iran interrompe ses activités d'enrichissement d'uranium, engagées voici deux ans et étendues depuis lors à un site souterrain, Fordow, ce qui inquiète tout particulièrement l'Etat hébreu.

DEUXIÈME RÉUNION APRÈS CELLE D'ISTANBUL

Pour le chef de la diplomatie iranienne Ali Akbar Salehi, qui a parlé aux journalistes à Téhéran, "les idées que l'on nous présente montrent que l'autre camp souhaite que Bagdad soit couronné de succès. Nous espérons que dans un jour ou deux, nous aurons de bonnes nouvelles à annoncer".

Toutefois, il a prévenu que la République islamique ne céderait pas aux pressions. "Leur stratégie de la pression et de l'intimidation est vaine. Ils devront s'adapter et faire preuve de bonne volonté pour résoudre le problème", a-t-il continué.

Russie et Iran semblaient disposés à discuter sérieusement de mesures d'envergure pour sortir de l'impasse, en échange d'une levée progressive des sanctions.

"Nous avons l'impression claire et nette (lors des réunions d'experts préparatoires à celle de Bagdad) que les Iraniens étaient prêts à rechercher un accord sur des mesures concrètes", en vertu d'un processus progressif, a déclaré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, à Moscou.

La réunion de Bagdad, la deuxième depuis que la diplomatie a repris ses droits avec les discussions d'Istanbul en avril, a nécessité le déploiement de 15.000 policiers et militaires chargés de protéger la "zone verte", où se sont retrouvés des représentants des six puissances et de l'Iran.

Catherine Ashton, qui conduit la délégation du "groupe des Six", est arrivée dans la matinée dans la capitale irakienne, après une dernière réunion avec ses partenaires de la négociation en Jordanie.

La République islamique, cinquième exportateur mondial de pétrole, affirme que son programme nucléaire est purement civil et qu'elle ne cherche pas à se doter de l'arme nucléaire. Les pays occidentaux et Israël pensent le contraire et l'Etat hébreu considère un Iran doté du feu nucléaire comme une menace pour sa propre existence.

Benjamin Massot et Eric Faye pour le service français

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