Le Groupe de Visegrad pour un plan B dans la crise migratoire

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    PRAGUE, 15 février (Reuters) - La Turquie et la Grèce 
pourraient être dans l'incapacité de contenir le flux de 
migrants vers l'Union européenne, qui doit par conséquent se 
doter d'un plan B pour protéger ses frontières, a déclaré lundi 
soir le Premier ministre slovaque Robert Fico. 
    "Nous dépendons du bon fonctionnement du plan d'action 
conclu entre l'Union européenne et la Turquie", a-t-il dit. 
L'accord, négocié l'an dernier entre Bruxelles et Ankara, 
prévoit notamment le versement de trois milliards d'euros à la 
Turquie pour l'aider à prendre en charge les réfugiés. 
    
    Le chef du gouvernement slovaque s'exprimait à Prague à 
l'issue d'un sommet des dirigeants du Groupe de Visegrad 
(République tchèque, Pologne, Hongrie et Slovaquie) auquel 
participaient aussi les dirigeants bulgare et macédonien. 
    Pour ces pays d'Europe centrale et orientale, les accords 
passés par l'Union européenne avec la Turquie pour réduire 
l'afflux vers la Grèce de migrants fuyant conflits et pauvreté 
au Moyen-Orient et en Afrique n'ont jusqu'à présent pas donné de 
résultats satisfaisants. 
    Ils doutent en outre de la capacité de la Grèce à gérer les 
demandeurs d'asile, qui poursuivent leur périple vers l'Europe 
de l'Ouest via la Macédoine et la Bulgarie. 
    "J'aimerais assister à une belle surprise de la part de nos 
collègues grecs. Mais je dois admettre que je suis plutôt 
pessimiste", a insisté Robert Fico. 
    "C'est pourquoi nous avons aussi parlé d'un plan B pour 
sécuriser les frontières de la Macédoine et de la Bulgarie", a 
ajouté le Premier ministre slovaque. 
    Son homologue tchèque, Bohuslav Sobotka, qui présidait la 
rencontre, a noté que les quatre du Groupe de Visegrad 
s'accordaient à dire qu'une assistance est nécessaire aux pays 
des Balkans pour les aider à protéger leurs frontières. 
    Une réunion consacrée à l'aggravation de la crise migratoire 
à la suite des bombardements aériens dans la région d'Alep, dans 
le nord de la Syrie, se tiendra jeudi à la mi-journée à 
Bruxelles entre la Turquie et une dizaine de pays de l'Union 
européenne, dont la France et l'Allemagne, a-t-on appris lundi 
de source diplomatique européenne. 
    Cette réunion précédera de quelques heures l'ouverture du 
sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Huit. 
  
 
 (Jason Hovet et Jan Lopatka; Henri-Pierre André pour le service 
français) 
 
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