Le grand rabbin de France Gilles Bernheim démissionne

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LE GRAND RABBIN DE FRANCE GILLES BERNHEIM A DÉMISSIONNÉ
LE GRAND RABBIN DE FRANCE GILLES BERNHEIM A DÉMISSIONNÉ

PARIS (Reuters) - Le grand rabbin de France Gilles Bernheim, qui a reconnu avoir plagié plusieurs auteurs et menti sur l'obtention d'un diplôme d'agrégation de philosophie, a présenté jeudi sa démission devant le Consistoire central israélite.

Le Président Joël Mergui et les membres du Conseil "ont pris acte avec émotion et tristesse de la décision de retrait du Grand Rabbin de France", précise un communiqué. "Le Conseil salue la décision courageuse qui honore Gilles Bernheim, dont l'autorité et l'apport spirituels sont considérables."

Gilles Bernheim, qui a symbolisé pendant quatre ans un judaïsme d'ouverture, avait écarté mardi une démission, jugeant qu'il s'agirait d'une "désertion" et d'un "péché d'orgueil".

Comme pour lui mettre la pression, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, lui avait conseillé jeudi matin, avant sa démission, de réfléchir à son avenir.

Gilles Bernheim avait refusé dans un premier temps de démissionner, mardi, estimant ne pas avoir commis de fautes dans le cadre de sa fonction.

Il a reconnu sur radio Shalom des "emprunts" dans quatre de ses ouvrages, dont un essai contre le mariage homosexuel qui avait été cité en décembre 2011 par le pape Benoît XVI.

Il a également avoué qu'il n'avait pas obtenu l'agrégation de philosophie, contrairement à ce qui est indiqué sur plusieurs notices biographiques, expliquant avoir "laissé dire" ce mensonge à la suite d'un "événement tragique" dans sa vie.

La communauté juive semblait partagée sur le cas du grand rabbin qui espérait à terme restaurer la confiance.

Sur son site Facebook, Abouaf Bernard, directeur de la rédaction de radio Shalom, affirmait mercredi que "des cadres veulent licencier Bernheim pour faute grave, les statuts le permettent".

Le même jour, Moshe Lewin, porte-parole du grand rabbin, avait annoncé sa démission, sans en préciser les motifs.

Le président du Crif (Conseil des institutions juives de France), Richard Prasquier, a estimé sur BFM que Gilles Bernheim avait pris "la seule solution qui soit raisonnable à l'heure actuelle".

"Il est bien évident que beaucoup de gens sont bouleversés, beaucoup de gens sont déçus et ceux qui le connaissent sont pour beaucoup d'entre eux bouleversés", a ajouté Richard Prasquier, qui avait réclamé des explications au grand rabbin.

Joël Mergui a estimé pour sa part qu'en annonçant son "retrait", Gilles Bernheim "a cherché à se protéger".

"Nous avons cherché aussi, c'est le rôle de notre institution, à protéger l'homme, à protéger sa dignité (...) à protéger aussi la fonction de grand rabbin de France."

Patrick Vignal et Gérard Bon, édité par Yann Le Guernigou

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  • raich2 le jeudi 11 avr 2013 à 17:05

    Finalement il n'y a pas de petit mensonge, ne pas dire la vérité pour un homme représentant les fondements d'une religion est plus grave que le mensonge en lui même, car agrégé ou pas ne change rien à sa situation. Le mensonge c'est comme le vol on finit pas y prendre goût tant qu'il n'est pas découvert. Ensuite c'est une véritable catastrophe si il reste un peu d'honneur à cet individu.

  • M2110926 le jeudi 11 avr 2013 à 15:57

    Un large merci au Grand Rabbin Gilles BERNHEIM pour sa lucidité dans sa vision sereine de la place de l'enfant et du droit DE l'enfant (et non à l'enfant) dans son opposition au mariage et à l'adoption par les couples homosexuels. Sa prise de position est d'autant plus remarquable qu'elle s'est faite dés le début du projet de loi et avec respect.Dieu vous bénisse !

  • M5842479 le jeudi 11 avr 2013 à 15:15

    Inutile de se leurrer il ne représente pas la personne morale de la communauté juive.