Le grand froid a fait deux morts en France et s'intensifie

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LA VAGUE DE FROID S'INTENSIFIE
LA VAGUE DE FROID S'INTENSIFIE

PARIS (Reuters) - La vague de froid, qui a tué une deuxième personne à Toulouse, s'intensifie en France avec des températures proches des records historiques descendant par endroits en-dessous de -20°C et l'annonce de chutes de neige.

Cette vague touche tout le continent et a déjà fait environ 200 morts en Europe de l'est, particulièrement en Ukraine.

Une femme de 72 ans, souffrant de la maladie d'Alzheimer et qui s'était échappée vêtue de son seul pyjama de sa maison de retraite, a été retrouvée morte de froid vendredi dans un parc privé de Toulouse, annonce le quotidien La Dépêche du midi samedi.

Un homme de 82 ans souffrant aussi de la maladie d'Alzheimer était mort vendredi à Lemberg (Moselle) dans des circonstances identiques.

Dans la nuit de vendredi à samedi, la température a chuté jusqu'à -19,7° à Reims, un niveau proche du record de froid mensuel atteint le 11 février 1929 avec -21°, selon MeteoNews. Mulhouse a enregistré un minimum de -20,1° proche aussi du record du 13 février 1956 qui est de -22,8°.

Du fait de chutes de neige, une centaine d'automobilistes sont restés bloqués une partie de la nuit sur l'autoroute A25 au nord de Lille, avant que la circulation ne soit rétablie en tout début de matinée.

Soixante-huit départements, soit quasiment tout l'est et tout l'ouest du pays, ont été placés samedi en "vigilance orange" par Météo France, qui prévoit l'arrivée de la neige par l'ouest dans la nuit de samedi à dimanche. Le reste du pays est en "vigilance jaune", le grand froid concernant l'ensemble du pays.

Météo France estime que cet épisode de grand froid sera moins notable qu'en 1985, dernière année similaire, mais "nécessitera toutefois une vigilance particulière". La neige devrait notablement entraver la circulation et des conseils de prudence sont émis.

INQUIÉTUDE POUR LES SANS-ABRI

L'inquiétude grandit pour les quelque 133.000 personnes sans abri vivant en France.

Le président Nicolas Sarkozy s'est rendu vendredi soir dans un centre d'hébergement d'urgence d'Ivry, en banlieue parisienne.

Les grandes villes, dont Paris, annoncent des places d'hébergement supplémentaires et le renforcement des "maraudes", les tournées de bénévoles dans les rues.

Les dispositifs pour accueillir les sans-abri ont été renforcés dans les régions concernées, dont l'Ile-de-France où tous les centres d'hébergement seront ouverts 24 heures sur 24.

Dans la région parisienne, où le niveau 2 du plan hiver est en vigueur depuis le 1er février, la préfecture a encore augmenté vendredi les capacités d'hébergement. Plus de 4.300 places sont ainsi mises à disposition ce week-end, soit le double de l'année dernière, précise-t-elle dans un communiqué.

Neuf médecins réservistes ont été mobilisés vendredi pour effectuer des maraudes destinées à convaincre les sans-abri d'accepter un hébergement d'urgence.

"Depuis deux ou trois ans, le nombre de SDF dans le bois de Vincennes a augmenté de 20% à 30% et est en augmentation constante", a expliqué à Reuters TV Laurent Goursaud, employé de la municipalité. "Notre objectif, c'est zéro mort. Et si nous pouvions obtenir que 100% des gens quittent leurs abris ce serait merveilleux mais la plupart d'entre eux sont réticents."

Le froid a incité les Français à pousser leurs radiateurs et la demande d'énergie a frôlé des records en fin de semaine.

La consommation d'électricité nationale a ainsi atteint 96.377 mégawatts (MW) à l'heure de pointe (19h00), très près du pic absolu du 15 décembre 2010 (96.710 MW).

Le ministère de l'Energie a confirmé samedi que l'automatisation des tarifs "sociaux" (réduits) du gaz et de l'électricité s'appliquerait sur les factures des consommateurs concernés à partir du 1er janvier 2012.

Des associations s'étaient étonnées que le décret d'application ne soit toujours pas publié vendredi, mais le ministre assure que ce point n'a aucune incidence.

La précarité énergétique concerne 3,8 millions de foyers en France.

Le froid a eu des conséquences sur les événements sportifs. Fait rare samedi, la rencontre de Ligue 1 entre Saint-Etienne et Lorient a été interrompue samedi après dix minutes de jeu puis reportée à une date ultérieure en raison de l'état du terrain, gelé à certains endroits et devenu dangereux pour les joueurs.

Thierry Lévêque, édité par Jean-Stéphane Brosse

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