Le grand bazar du capitalisme cubain

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La Havane se convertit à grands pas à l'économie de marché. Grâce au pragmatisme de la population, le changement se fait sans heurts.

Fidelito, jeune mulâtre rieur au crâne luisant, lance des ½illades enflammées à une cliente. Son échoppe de Santo Suarez, un quartier populaire de la capitale, regorge de gros légumes qui semblent tout droit sortis de terre. «Un demi-million de travailleurs seront mis à la porte par l'État d'ici à trois mois. Ce seront seulement ceux qui ne sont pas productifs», assure Fidelito d'un air détaché. «Je vends des patates douces. C'est un commerce d'État, mais je ne risque rien. Les ventes sont fortes.» À un coin de rue, Yilia, la quarantaine pimpante, vante sa toute nouvelle entreprise. La métisse travaille à son compte comme manucure entre 17 heures et 22 heures la semaine et de midi à 22 heures les samedis et dimanches. Les instruments sont là, sur le pas de porte d'une vieille demeure coloniale. Yilia montre une quarantaine de flacons et des dizaines de faux ongles bariolés aux couleurs chatoyantes. Le reste du temps, elle est serveuse. Pour 15 pesos cubano

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