Le gouverneur de la Banque d'Angleterre critiqué sur l'UE

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LONDRES, 22 octobre (Reuters) - Le gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE), Mark Carney, s'est attiré jeudi des critiques de partisans du "Brexit" après avoir prononcé un discours sur les mérites de l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne. Le Premier ministre, David Cameron, a promis d'organiser d'ici la fin 2017 un référendum sur le maintien de son pays dans l'UE et doit présenter le mois prochain ses demandes à ses partenaires européens. S'exprimant mercredi soir à l'université d'Oxford, Mark Carney a estimé que la Grande-Bretagne était peut-être le "premier bénéficiaire" du marché unique européen et que son appartenance avait soutenu sa croissance économique depuis son adhésion en 1973. Nigel Lawson, qui fut ministre des Finances de Margaret Thatcher de 1983 à 1989 et est aujourd'hui membre du groupe des députés conservateurs partisans d'une sortie du Royaume-Uni de l'UE, a jugé ces propos "regrettables". "J'ai connu de nombreux gouverneurs au fil des ans et je n'ai souvenir d'aucun gouverneur qui se serait immiscé de cette manière sur le terrain politique", a-t-il dit. Il a ajouté que Mark Carney avait omis dans son discours "le poids croissant de la réglementation issue de Bruxelles, qui constitue un énorme fardeau". Les déclarations de Mark Carney ont à l'opposé été saluées par des partisans du maintien dans l'UE. Le ministre des Finances de David Cameron, George Osborne, s'est dit d'accord avec le gouverneur de la BoE sur la contribution de l'appartenance à l'Union au dynamisme de l'économie britannique mais il a jugé que l'UE devait assurer un traitement équitable à tous les pays extérieurs à la zone euro. UN DISCOURS JUGÉ "BIENVEILLANT" POUR LES PARTISANS DE L'UE Dans son discours mercredi, Mark Carney, un ancien banquier de Goldman Sachs nommé en 2013 à la tête de la banque centrale britannique, a expliqué que son but n'était pas de peser le pour et le contre de l'appartenance à l'Union mais d'analyser les implications de celle-ci pour l'institution qu'il dirige. "L'appartenance à l'UE a globalement favorisé l'ouverture de l'économie britannique et son dynamisme mais elle s'est aussi traduite par certains défis en terme de stabilité monétaire et financière à la charge de la Banque d'Angleterre", a-t-il dit. Pour Allan Monks, analyste de JPMorgan, "le discours sera perçu comme une nouvelle incursion de Carney dans un débat politique animé, et son ton apparaît bienveillant pour la campagne en faveur du maintien du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne". L'an dernier, un discours de Mark Carney sur les unions monétaires prononcé peu avant le référendum sur l'indépendance écossaise avait été cité par les opposants à la scission pour arguer du fait qu'une Ecosse indépendante ne serait pas en mesure de conserver la livre comme monnaie. En septembre, le gouverneur de la BoE a été de nouveau accusé de sortir de ses attributions après un discours mettant en garde contre les risques liés au changement climatique. (William Schomberg; Marc Angrand pour le service français)

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