Le gouvernement yéménite en exil évoque une trêve

le , mis à jour à 19:24
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(Bilan du bombardement d'Al Foyouch actualisé, 11e paragraphe) par Sami Aboudi et Mohammed Mukhashaf DUBAI/ADEN, 6 juillet (Reuters) - Le gouvernement yéménite en exil s'attend à un accord sur une trêve humanitaire au Yémen, qui pourrait durer jusqu'à la fête de l'Aïd al Fitr marquant la fin du ramadan, alors que se poursuivaient lundi les bombardements aériens de la coalition arabe conduite par l'Arabie saoudite. Les Nations unies ont demandé une suspension des combats et des raids aériens qui ont fait près de 3.000 morts depuis la fin mars. Le gouvernement du président Abd-Rabbou Mansour Hadi, réfugié à Ryad, a souligné que les discussions en cours portaient sur la mise en oeuvre de la résolution 2216 votée en avril par le Conseil de sécurité de l'Onu, qui demande aux insurgés chiites houthis de quitter les villes qu'ils contrôlent depuis septembre et prévoit la distribution d'une aide humanitaire à la population civile. "Nous menons maintenant des consultations afin d'obtenir les garanties qui assureront le succès de la trêve", a déclaré à Reuters le porte-parole du président Hadi, Radjeh Badi. "Le mécanisme que nous proposons afin d'appliquer la résolution 2216 exige de réelles garanties afin que l'aide soit distribuée à ceux qui en ont besoin", a-t-il ajouté. Des discussions sont en cours, a poursuivi le porte-parole, afin de "faire lever le sièges d'Aden, de Taëz, de Lahdj et de Dhalea". La "pause humanitaire" pourrait durer jusqu'à l'Aïd al Fitr, une fête de trois jours qui commencera le 17 juillet, a-t-il estimé. Les Houthis ont également fait savoir qu'ils étaient prêts à appliquer une trêve. Leur porte-parole, Mohammed Abdoul Salam, a indiqué sur Facebook qu'il avait parlé vendredi à Mascate (Oman) d'un cessez-le-feu avec l'émissaire de l'Onu pour le Yémen, Ould Cheikh Ahmed. L'envoyé des Nations unies s'est rendu dimanche à Sanaa, la capitale yéménite, pour examiner la question avec les insurgés. POURSUITE DES RAIDS AÉRIENS Un cessez-le-feu de cinq jours avait déjà été observé en mai dernier mais les organisations humanitaires l'avaient jugé trop court. Lundi, dans le sud du pays, un raid aérien de la coalition arabe a fait au moins 40 morts sur un marché d'Al Foyouch, sur la route entre Aden et la province de Lahdj, a rapporté l'agence de presse Saba, dirigée par les Houthis. Des habitants avaient fait état un peu plus tôt de 30 morts, dont dix combattants houthis, les autres victimes étant des civils. A Sanaa, les avions ont visé dimanche soir le siège du Congrès général du peuple (CGP), le parti de l'ancien président Ali Abdallah Saleh allié aux Houthis. L'attaque a fait plusieurs morts, selon des témoins. Faeka al Saïed, porte-parole du CGP, a déclaré que le siège du parti avait été détruit et elle a accusé la coalition de vouloir faire capoter les discussions menées avec l'Onu. "Cela ne nous empêchera pas de poursuivre nos efforts visant à créer un climat favorable à une coopération avec les Nations unies", a-t-elle dit dans un communiqué publié sur le site internet du CGP. Dimanche, près d'Aden, cinq civils ont été tués quand des obus tirés par les rebelles se sont abattus sur un jardin d'enfants dans le secteur de Mansoura, où se sont réfugiés des habitants fuyant les combats dans le grand port du Sud. Une trentaine de Houthis auraient également été tués dans des combats, dimanche à Al Bassatine, au nord d'Aden, selon des combattants pro-gouvernementaux. (Nicolas Delame, Guy Kerivel et Eric Faye pour le service français)

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