Le gouvernement veut réorganiser l'islam de France

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* Le Conseil français du culte musulman sera élargi et diversifié * Les imams seront incités à une formation civique * Pas question de toucher à la loi de 1905 PARIS, 25 février (Reuters) - Le gouvernement va lancer une grande consultation visant à réformer le Conseil français du culte musulman (CFCM), l'instance représentant les musulmans de France qui n'a jamais réussi à s'imposer vraiment depuis sa création en 2003. Il s'agit d'un élément clé du plan destiné à favoriser le dialogue avec l'islam, la sécurité des musulmans et la formation de leurs représentants qui a été présenté mercredi en conseil des ministres, un mois et demi après les attentats de Paris. Des propositions visant à élargir et diversifier la composition du CFCM devront émerger de cette consultation avant le ramadan, autour du 17 juin, précise-t-on dans l'entourage du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. "Il ne s'agit pas d'une reprise en main, l'Etat est seulement à l'initiative", ajoute-t-on, précisant que l'idée est d'ouvrir l'instance actuelle à des personnalités et à des mosquées autonomes, par exemple. Le CFCM intervient dans les relations avec le pouvoir politique français, dans la construction des mosquées, dans le marché des aliments halal, dans la formation de certains imams et dans le développement de représentations musulmanes dans les prisons et dans l'armée française. Cette instance créée par Nicolas Sarkozy lorsqu'il était ministre de l'Intérieur n'a jamais trouvé son rythme de croisière, les différentes fédérations et nationalités qui la composent ayant des difficultés à s'entendre. FORMATIONS CIVIQUES ET CIVILES Pour s'assurer que les imams, qui ont "un rôle fondamental à jouer" pour répondre au défi du radicalisme d'une partie des jeunes musulmans, notamment dans les prisons, l'Etat va les inciter à suivre des formations civiques et civiles dans les universités qui leur offriront en outre des débouchés. Il n'est cependant pas question de toucher à la loi de 1905 qui sépare l'État et la religion. Cette formation sera donc facultative, sur la base du volontariat, et n'abordera pas les questions théologiques de la deuxième religion de France. Le gouvernement veut aussi inciter plus d'établissements d'enseignement musulmans à être sous le régime du contrat avec l'Etat. Parallèlement, la trentaine d'écoles confessionnelles musulmanes hors contrats verront leurs contrôles renforcés. Il entend favoriser le développement de la recherche sur l'islam de France et développer un outil de promotion, d'où la relance d'un projet de fondation lancé en 2005 et resté lettre morte. Le gouvernement s'est également engagé à renforcer la sécurité des lieux musulmans, autant d'actes islamophobes ayant été commis depuis les attentats de janvier que pendant toute l'année 2014. D'ores et déjà, un millier de lieux de culte musulmans bénéficient d'une protection et des fonds seront débloqués pour développer les éléments de sécurisation, comme la vidéosurveillance. (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

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