Le gouvernement Tsipras II prête serment en Grèce

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par Renee Maltezou ATHENES, 23 septembre (Reuters) - Le nouveau gouvernement d'Alexis Tsipras a prêté serment mercredi matin, avec en tête d'affiche deux des artisans des négociations avec les créanciers de la Grèce, ce qui devrait rassurer ses partenaires européens sur son intention de mener à bien les réformes économiques promises. Le Premier ministre grec a reconduit dans ses fonctions le ministre des Finances, Euclide Tsakalotos, qui sera épaulé par un autre membre de l'équipe impliquée cet été dans les négociations du troisième plan d'aide financière, George Chouliarakis. La mise en oeuvre des réformes économiques exigées par les créanciers sera, avec la gestion de la crise des réfugiés confiée à Yiannis Mouzalas, un chirurgien engagé avec Médecins du Monde, le grand chantier du gouvernement Tsipras II, qui a promis de limiter au maximum l'impact des nouvelles mesures d'austérité qu'il devra prendre. Le gouvernement dans son ensemble ne réserve pas de grandes surprises, de nombreux ministres du premier cabinet Tsipras ayant conservé leurs portefeuilles, malgré leurs critiques parfois sévères contre les mesures d'austérité et le "diktat" des créanciers. Voici les postes-clés du gouvernement Tsipras II: * FINANCES/PLAN D'AIDE La reconduction d'Euclide Tsakalotos aux Finances permet d'assurer une continuité entre la négociation du troisième plan d'aide de 86 milliards d'euros, octroyé en août, et sa délicate mise en oeuvre. Contrairement à son prédécesseur, Yanis Varoufakis, parti du gouvernement au lendemain du référendum du 5 juillet, Tsakalotos a fait bonne impression auprès de ses partenaires européens. Il n'en est pas moins membre du groupe "53+" de Syriza, qui a récemment estimé que la coalition de la gauche radicale s'éloignait de ses valeurs fondamentales en cherchant à se maintenir au pouvoir. L'adjoint de Tsakalotos sera George Chouliarakis, ministre des Finances dans le gouvernement intérimaire mis en place pendant la campagne électorale, et qui aurait pu conserver ce poste si Tsakalotos, que l'on disait réticent, ne s'était pas laissé convaincre. Chouliarakis a été l'un des principaux négociateurs avec les créanciers. * MIGRANTS/RÉFUGIÉS En première ligne face à l'afflux de réfugiés syriens venant de Turquie, la Grèce occupe une position clé dans la crise qui ébranle l'Union européenne. Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), 309.000 des 430.000 migrants entrés en Europe depuis le début de l'année sont arrivés par la Grèce. Rattaché au ministre de l'Intérieur, le ministre des Migrations sera, comme dans le gouvernement intérimaire, Yiannis Mouzalas, un chirurgien engagé -- il a notamment participé avec l'ONG Médecins du Monde à des missions humanitaires dans des zones de conflit, comme la ville kurde syrienne de Kobani. Mouzalas devra apporter une réponse à la fois humanitaire à l'afflux de réfugiés qui submerge les capacités d'accueil des îles grecques, et politique aux pressions des pays européens qui demandent à Athènes d'empêcher les migrants de poursuivre leur route vers l'Europe de l'Ouest et du Nord. * AFFAIRES ÉTRANGÈRES Le portefeuille est de nouveau confié à Nikos Kotzias, un ancien des Jeunesses communistes qui comme nombre de dirigeants de Syriza considère le nouveau plan d'aide comme une forme de néocolonialisme qui a privé les Grecs de leur dignité. Il a publié l'an dernier un livre intitulé: "Grèce: la colonie de la dette. Autocratie européenne et primauté allemande." * ÉNERGIE Panos Skourletis conserve son poste de ministre de l'Energie. A la veille de la convocation des élections anticipées, en août, il a suspendu un projet controversé de mine d'or du groupe canadien Eldorado Gold ELD.TO dans le nord du pays. * DÉFENSE Le portefeuille reste aux mains de Panos Kammenos, chef de file du parti de droite souverainiste des Grecs indépendants, partenaire de coalition de Syriza. Kammenos a quitté le parti conservateur Nouvelle Démocratie en 2012 pour protester contre le deuxième plan d'aide, qui violait selon lui la souveraineté de la Grèce. * MARINE Theodoris Dritsas était déjà ministre de la Marine du gouvernement sortant. A ce titre, il est chargé de superviser un des projets de privatisation les plus critiqués du pays, celui du port du Pirée. Après la victoire de Syriza en janvier dernier, Dritsas avait annoncé que l'Etat ne vendrait pas sa part majoritaire dans le premier port du pays, comme le prévoyait le deuxième plan d'aide internationale. Sous pression des créanciers, le projet a depuis été relancé. LIEN Le POINT sur la victoire de Tsipras aux élections de dimanche: ID:nL5N11P0JB (Tangi Salaün pour le service français, édité par Henri-Pierre André)


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