Le gouvernement thaïlandais tente de jouer l'apaisement

le
0
LE GOUVERNEMENT THAÏLANDAIS ORDONNE À LA POLICE DE NE PAS S?OPPOSER AUX MANIFESTANTS
LE GOUVERNEMENT THAÏLANDAIS ORDONNE À LA POLICE DE NE PAS S?OPPOSER AUX MANIFESTANTS

par Panarat Thepgumpanat

BANGKOK (Reuters) - Le gouvernement thaïlandais a ordonné mardi aux forces de police de ne plus s'opposer aux manifestants qui réclament la démission du Premier ministre Yingluck Shinawatra, suscitant l'espoir d'un règlement de la crise politique.

Mais le chef de la contestation, Suthep Thaugsuban, a déclaré qu'il continuerait le combat pour obtenir le départ de la soeur de l'ex-chef de gouvernement Thaksin Shinawatra.

"Aujourd'hui, nous avons remporté une victoire partielle, mais nous combattrons jusqu'à ce que tombe le régime Thaksin", déclaré Suthep Thaugsuban devant ses partisans, qui occupent toujours le ministère des Finances et un centre de l'administration.

La crise politique en Thaïlande a été provoquée par un projet de loi d'amnistie qui aurait annulé la condamnation de Thaksin Shinawatra pour corruption mais il a été bloqué par le Sénat. Les violents affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont fait cinq morts et des dizaines de blessés depuis le week-end.

Le chef des contestataires s'en était pris avec virulence aux forces de police lundi soir. Il avait annoncé que les manifestants allaient prendre le contrôle du siège de la police à Bangkok au cours de la journée de mardi.

"Les manifestants ont annoncé qu'ils voulaient prendre le contrôle des bâtiments gouvernementaux, mais le gouvernement ne veut pas qu'il y ait d'affrontements, aussi avons-nous ordonné aux policiers de lever le camp", a annoncé le porte-parole du gouvernement, Teerat Ratanasevi.

"Nous voulons éviter violences et confrontations", a-t-il continué.

L'ARMÉE GARDE SES DISTANCES

Un journaliste de Reuters a vu des policiers enlevant les rangées de barbelés aux abords du siège de la police. La télévision a montré des images de manifestants et de policiers ensemble devant le siège du gouvernement, où Yingluck Shinawatra a ses bureaux.

Les contestataires accusent cette dernière d'être la marionnette de son frère, exilé à Dubaï afin d'échapper à la justice qui l'a condamné à deux années de prison pour abus de pouvoir.

Une répression policière trop violente aurait pu inciter l'armée à intervenir pour rétablir l'ordre et posé la question de la survie du gouvernement.

"Nous n'avons pas cédé, mais la police s'est retirée aujourd'hui parce que nous voyons que les manifestants ne veulent s'emparer de ces bâtiments que dans le cadre d'une action symbolique", a expliqué à Reuters le vice-Premier ministre Pongthep Thepkanchana.

L'armée, qui a renversé Thaksin Shinawatra en 2006, reste à distance de la crise. "C'est un problème politique qui doit être réglé par des moyens politiques", a déclaré mardi le chef d'état-major, Prayuth Chan-ocha. "Néanmoins, nous surveillons à distance."

Avec Apornrath Phoonphongphiphat et Kochakorn Boonlai; Eric Faye et Henri-Pierre André pour le service français, édité par Danielle Rouquié

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant