Le gouvernement solidaire de Jérôme Cahuzac

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CAHUZAC SE DÉFEND FACE AUX ACCUSATIONS DE MEDIAPART
CAHUZAC SE DÉFEND FACE AUX ACCUSATIONS DE MEDIAPART

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a manifesté mercredi sa solidarité avec le ministre du Budget Jérôme Cahuzac, qui a saisi la justice pour se défendre d'accusations selon lesquelles il aurait disposé d'un compte bancaire en Suisse.

"Face aux allégations, Jérôme Cahuzac a rétabli les faits et le gouvernement est évidemment à ses côtés dans cet épisode désagréable", a indiqué la porte-parole du gouvernement, Najat-Vallaud Belkacem, lors du compte rendu du conseil des ministres.

Dans la matinée sur RTL, puis à l'Assemblée nationale dans l'après-midi, le ministre s'est défendu, assurant que le compte bancaire suisse mentionné mardi par le site d'informations sur internet Mediapart "n'existe pas".

"Je n'ai pas, je n'ai jamais eu de comptes à l'étranger ni maintenant, ni avant", a-t-il dit lors de la séance des questions au gouvernement.

"J'ai saisi la justice d'une plainte en diffamation car ce n'est que devant la justice, hélas, que les accusateurs doivent prouver les allégations qu'ils avancent", a-t-il ajouté.

Sur RTL, il avait estimé que ces accusateurs auraient "du mal" à prouver que leurs allégations sont fondées.

Selon Mediapart, ce compte suisse, ouvert auprès de la banque UBS, a été fermé début 2010 juste avant que Jérôme Cahuzac ne prenne la présidence de la commission des Finances de l'Assemblée nationale.

Interrogé sur une note d'un agent du fisc le concernant dont fait état Mediapart et qui mentionnerait l'existence d'une villa à Marrakech et d'une résidence à La Baule, Jérôme Cahuzac a parlé sur RTL "d'accusations délirantes".

Pour répondre à cette note, qui soulève des doutes sur le financement de l'acquisition d'un appartement parisien, le ministre a annoncé son intention de publier le plan de financement sur son blog, précisant qu'il avait réalisé un apport personnel de 15% du total, "un montant assez banal".

Prié de dire s'il envisageait de mettre ses fonctions entre parenthèses pour se défendre, il a indiqué : "Absolument pas, pas une seconde".

MEDIAPART PERSISTE ET SIGNE

Interrogé sur Europe 1, l'avocat du ministre, Gilles Auguste, a assuré que ses biens immobiliers se limitaient à un appartement avenue de Breteuil à Paris et une maison en Corse héritée de ses parents mais qu'il n'en possédait "ni à la Baule, ni à Marrakech, ni de compte en Suisse".

Toujours sur Europe 1, le journaliste Fabrice Arfi, de Mediapart, a assuré que le site disposait "des preuves matérielles" à l'appui de ses accusations.

"Nous les sortirons le moment venu, au tribunal ou peut-être avant. Dans un dossier comme celui-là, Mediapart ne peut pas se permettre de se tromper et si nous affirmons qu'il a détenu un compte à l'UBS, c'est que nous avons les preuves", a-t-il dit.

Aujourd'hui à la retraite, l'agent du fisc mentionné par le site, Rémy Garnier, a déclaré sur RTL qu'il avait reçu d'un "aviseur" en 2006 une information faisant état d'un compte suisse de Jérôme Cahuzac, avec qui il reconnaît avoir un "contentieux".

"J'en ai référé à ma hiérarchie en précisant que l'examen du dossier ne permettait ni de confirmer ni d'infirmer, que seul un examen approfondi de la situation fiscale aurait permis d'y voir plus clair", a-t-il ajouté en indiquant ses supérieurs en ont "décidé autrement".

Sur i>télé, le député UMP Laurent Wauquiez a pressé Jérôme Cahuzac d'apporter des preuves pour se disculper.

"Il y a quelques mois, toute info de Mediapart était considérée par la gauche comme information établie", a déclaré l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy.

"On attend de la part du ministre qu'il apporte des preuves (...) Il faut qu'il dissipe les choses. On ne peut pas avoir le soupçon qu'il se soit soustrait à la solidarité nationale. On ne peut pas avoir des doutes sur quelqu'un de cette nature."

Proche de Jérôme Cahuzac, le député socialiste Jean Glavany a déclaré que le ministre était "très touché, très abattu mais déterminé". "Je connais Jérôme comme ma poche et je sais qu'il n'a jamais eu de maison ni à la Baule ni à Marrakech, ni de compte en Suisse", a-t-il dit au JDD.fr.

"C'est l'un des personnages les plus en vue du gouvernement, qui réussit le mieux. Tout ça n'est pas neutre", a-t-il indiqué.

Yann Le Guernigou, avec Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse

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