Le gouvernement révise la politique de la ville

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LE GOUVERNEMENT RÉVISE LA POLITIQUE DE LA VILLE
LE GOUVERNEMENT RÉVISE LA POLITIQUE DE LA VILLE

PARIS (Reuters) - Le ministre de la Ville, François Lamy, a présenté mercredi en conseil des ministres les grandes lignes d'une refonte de la politique de la ville qui vise notamment à en finir avec le "saupoudrage" dans de multiples zones prioritaires.

Une phase de concertation nationale réunira tous les acteurs d'octobre à fin décembre pour se traduire ensuite par un projet de loi annoncé pour le premier semestre 2013.

Pour améliorer la vie dans les banlieues, le président François Hollande avait promis lors de sa campagne des politiques "durables".

En juillet, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait demandé à François Lamy de préparer un plan de réhabilitation des quartiers ciblé sur quelques départements, au lieu des 750 zones urbaines sensibles actuelles.

Le plan présenté mercredi prévoit pour début 2013 une réforme de la "géographie prioritaire de la politique de la ville" visant à "simplifier les zonages" et "concentrer les interventions publiques sur les territoires qui en ont le plus besoin".

Le gouvernement veut aussi poursuivre le programme national de rénovation urbaine déjà engagé à partir de 2003 en ouvrant la voie à de nouveau moyens pour désenclaver les quartiers.

Parallèlement, des conventions d'objectifs seront passées avant la fin de l'année entre le ministère de la Ville et les autres ministères concernés pour fixer des engagements dans chaque domaine de compétence.

"Ce point est essentiel", a expliqué François Lamy à la presse à la sortie du conseil des ministres. "Car jusqu'ici, dès qu'une politique était engagée par le ministère de la Ville, les autres ministères se désengageaient".

Le gouvernement prévoit la naissance de "zones de sécurité prioritaires" inscrivant "dans la durée" une action "aussi bien préventive que particulièrement ferme vis-à-vis des fauteurs de troubles".

EMPLOIS D'AVENIR

Annoncés pour le 1er janvier 2013, les "emplois d'avenir" seront proposés en priorité aux jeunes des quartiers populaires, très touchés par le chômage. Un dispositif d'exonérations fiscales pour les entreprises embauchant ces jeunes sera en outre examiné.

Enfin, la future Banque publique d'investissement devrait cibler ses actions sur la création d'entreprises dans les zones défavorisées.

Les difficultés dans les quartiers sensibles ont de nouveau fait la "une" cet été avec les troubles début août à Amiens, dans la Somme.

Selon un constat du gouvernement, plus de huit millions de Français habitant des quartiers relevant de la politique de la ville "sont confrontés au quotidien à des inégalités persistantes".

Dans les zones urbaines sensibles, le taux de chômage est au double de la moyenne nationale, un habitant sur trois vit sous le seuil de pauvreté, un habitant sur quatre renonce à des soins pour raisons financières et les jeunes y sont encore plus qu'ailleurs victimes de discriminations, rappelle le compte-rendu du conseil des ministres.

Le gouvernement rejoint un récent rapport de la Cour des comptes préconisant de réserver les crédits de la politique de la ville à six départements.

Elizabeth Pineau, avec Gérard Bon, édité par Yann Le Guernigou

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  • janaliz le mercredi 22 aout 2012 à 17:00

    Emplois d'avenir : les proposer à ceux qui ont envie de travailler ! Ce serait déjà bien !