Le gouvernement reçoit des syndicats déçus sur Florange

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DES SYNDICATS DE FLORANGE REÇUS À MATIGNON CE MERCREDI
DES SYNDICATS DE FLORANGE REÇUS À MATIGNON CE MERCREDI

par Julien Ponthus et Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Jean-Marc Ayrault reçoit ce mercredi des syndicats déçus par l'accord conclu avec ArcelorMittal pour préserver l'emploi à Florange, un dossier qui empoisonne le gouvernement et révèle au grand jour ses divisions.

Avant ce rendez-vous, prévu à 17h30, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg était annoncé à Matignon pour une réunion préparatoire en présence du chef du gouvernement et du ministre du Travail, Michel Sapin.

Une rencontre sur fond de nouvelles spéculations sur une éventuelle démission d'Arnaud Montebourg, en conflit ouvert avec le Premier ministre sur ce dossier.

Jean-Marc Ayrault interviendra pour sa part dans le journal de 20h00 sur France 2.

"Il n'y a pas d'accord secret mais il y a de ma part du respect et le respect je le dois aux représentants du personnel que je recevrai tout à l'heure", a-t-il dit lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, ajoutant qu'il recevrait jeudi les élus locaux.

Les détails de l'accord conclu vendredi avec le géant mondial de l'acier n'ont pas été rendus publics. Mais selon Le Monde et le Canard enchaîné, plus des deux-tiers des 180 millions d'euros d'investissement promis par le groupe ne sont pas stratégiques et auraient de toute façon dû être versés.

L'utilisation du site de Florange pour expérimenter le procédé européen Ulcos de fabrication d'acier à basse émission de CO2 est également incertaine.

En tout état de cause, cet accord ne satisfait pas les syndicats et laisse sceptiques plusieurs ministres, qui défendaient l'option d'une nationalisation du site.

Ils estiment notamment que le gouvernement ne peut pas faire confiance au PDG Lakshmi Mittal, l'homme d'affaires indien dont le bilan social est régulièrement mis en cause.

"Il ne faut pas laisser la possibilité à M. Mittal de faire une nouvelle entourloupe comme ce qu'il a fait à Gandrange", a ainsi jugé la ministre du Logement, Cécile Duflot, sur BFM-TV.

LE PRÉCÉDENT DE GANDRANGE

Elle faisait allusion à l'incapacité du gouvernement de droite de l'ex-président Nicolas Sarkozy à préserver l'activité de cet autre site mosellan du groupe sidérurgique.

"Il est aussi nécessaire de montrer que l'Etat, la puissance publique, ne peut laisser faire n'importe quoi à ceux qui sont des industriels mais qui ont, comme M. Mittal, surtout une stratégie financière de cavalerie", a ajouté la ministre écologiste.

Jean-Marc Ayrault aura du mal à rassurer les représentants des salariés, qui plaçaient leur espoir dans une nationalisation temporaire de l'aciérie de Florange, préconisée par Arnaud Montebourg en attendant un repreneur, mais non retenue au final.

"On connaît le contenu de l'accord et le compte n'y est pas, loin de là", a déclaré sur i>TELE Edouard Martin, délégué CFDT et chef de file des salariés de Florange dans la bataille pour sauver deux hauts-fourneaux menacés de fermeture définitive.

"On va pointer du doigt les imperfections de cet accord, les manques, les dangers, surtout. Et on espère qu'on va pouvoir le modifier, en tous cas avoir un maximum de garanties, des précisions et des investissements beaucoup plus concrets."

En marge de ce dossier, une intersyndicale doit se réunir jeudi matin à l'usine de Basse-Indre (Loire-Atlantique), près de Nantes, où le transfert de deux activités vers Florange va entraîner la suppression d'une soixantaine de postes.

Les personnes concernées feront l'objet de reclassements sur le site, a promis sa direction locale.

DÉDRAMATISER ?

"On veut que les salariés prennent bien conscience que ce projet ne tient pas la route, qu'il faut se battre pour faire annuler ce plan", a dit Mickaël Eveillard, délégué syndical CGT de l'usine de Basse-Indre qui emploie 546 salariés et en fait travailler 150 autres d'entreprises sous-traitantes.

L'usine se trouve sur l'ancienne circonscription de Jean-Marc Ayrault, ex-député-maire de Nantes, qui s'est opposé à la nationalisation transitoire réclamée par Arnaud Montebourg.

Selon le Républicain Lorrain, Bernard Serin, patron du groupe sidérurgique CMI, et Alexei Mordachov, milliardaire qui possède le géant russe de l'acier Severstal, s'étaient associés pour reprendre l'ensemble du site lorrain d'ArcelorMittal.

Les services du Premier ministre assuraient vendredi que le repreneur évoqué par Arnaud Montebourg n'était pas "crédible", un camouflet pour le ministre, que le président François Hollande aurait convaincu de ne pas démissionner.

La porte-parole du gouvernement s'est efforcée mercredi de dédramatiser la situation et les dissensions au sein de l'équipe gouvernementale.

"Ce que nous avons fait prévaloir, c'est l'intérêt général et nous l'avons fait collectivement", a déclaré Najat Vallaud-Belkacem lors du compte rendu du conseil des ministres.

"Les efforts de chacun ont été utiles, indispensables. Nous n'aurions pas gagné ce match si nous n'avions pas eu nos meilleurs joueurs impliqués dans l'aventure. Et c'est je crois ce qu'il s'est produit", a-t-elle ajouté.

Avec le service France, édité par Emmanuel Jarry

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  • cavalair le mercredi 5 déc 2012 à 16:19

    Il faut mettre Montebourg Ministre du Commerce Exterieur. Il va faire des miracles