Le gouvernement poursuit le déminage du terrain social

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LE GOUVERNEMENT CHERCHE À DÉMINER LES CONFLITS SOCIAUX
LE GOUVERNEMENT CHERCHE À DÉMINER LES CONFLITS SOCIAUX

PARIS (Reuters) - Le gouvernement a poursuivi mardi sa stratégie de déminage des conflits sociaux pour assécher la contestation contre la loi Travail, dont la CGT ne demande plus désormais le retrait pur et simple même si la mobilisation reste importante.

Le Premier ministre Manuel Valls a reconnu à sa sortie d'une réunion avec le groupe socialiste à l'Assemblée nationale que son gouvernement était à la manoeuvre sur une série de dossiers, tout en démentant que cela ait un lien avec la fronde syndicale contre la réforme du Code du Travail.

"Il y a beaucoup d'autres sujets qui avancent (...), mais il n'y a pas de lien entre tel ou tel débat", a-t-il déclaré.

Pour l'opposition, la stratégie est pourtant claire.

"Le père Noël est passé", a déclaré Philippe Vigier, président du groupe centriste UDI, lors d'un point de presse. "Ils essaient de calmer la fronde par tous les moyens."

Manuel Valls a ainsi promis lundi de mettre en oeuvre un accord conclu par les syndicats et employeurs des intermittents du spectacle sur leur régime d'assurance chômage, en dépit du refus des partenaires sociaux de le valider.

Cela pourrait coûter près de 100 à 150 millions d'euros en année pleine à l'Etat, selon les calculs de Reuters, prix à payer pour éviter que la CGT mette à exécution sa menace de grève lors des festivals culturels d'été.

TENSIONS AVEC LA DIRECTION DE LA SNCF

La même stratégie prévaut à la SNCF, où un appel à la grève reconductible déposé par trois syndicats (CGT, Sud Rail et Unsa) contre de nouvelles conditions de travail à partir de mardi soir devrait avoir un impact relativement réduit.

Satisfaite des avancées obtenues lors des négociations, la CFDT a levé lundi son préavis et la compagnie prévoit six TGV sur dix, quatre Transilien sur dix et un TER sur deux mercredi.

Mais les pressions exercées sur la direction de la SNCF pour qu'elle accepte des concessions dans les négociations ont créé de vives tensions entre son président, Guillaume Pepy, et le gouvernement.

En outre, la ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a annoncé mardi un plan de revalorisation des enseignants, qui représentera au total un milliard d'euros, dont une moitié sera débloquée en 2017.

Sur le terrain, l'approvisionnement en carburants est en nette amélioration grâce à l'action des forces de l'ordre qui libèrent les accès aux dépôts mais 20% des stations-service connaissent des difficultés, a annoncé mardi le président de Union française des industries pétrolières (Ufip).

Quatre raffineries sont arrêtées, la production de deux autres est à débit réduit et deux autres fonctionnent normalement, précise l'organisation dans un communiqué.

LA CGT MODÈRE SA POSITION

Dans ce contexte, le gouvernement se montre confiant dans sa capacité à faire adopter sa réforme.

"Le dialogue n’a jamais été rompu et il faut continuer mais en même temps, le gouvernement, le Parlement, à un moment décident et mettent en œuvre une politique. C’est ça tout simplement la démocratie", a dit Manuel Valls.

"Le cœur de ce texte, c'est-à-dire les droits nouveaux pour les salariés, et bien sûr le dialogue social dans l’entreprise, l’article 2, ça doit être préservé", a-t-il ajouté, abondant dans le même sens que François Hollande dans une interview publiée mardi par Sud Ouest.

L'article 2 réécrit les dispositions du Code du travail relatives à la durée et l'organisation du travail et donne la primauté à la négociation d’entreprise pour adapter ces règles.

Un nouveau recours à l'article 49.3 de la Constitution qui permet l'adoption d'un texte sans vote à l'Assemblée nationale n'est pas exclu par l'exécutif s'il n'est pas préservé.

En outre, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a pour la première fois lundi fait un pas vers le gouvernement en ne réclamant plus un retrait du texte, se disant ouvert à la discussion, notamment sur l'article 2.

Myriam El Khomri, qui défend le projet contesté de réforme du Code du travail, a dit mardi attendre des propositions de la CGT, tout en affirmant qu'il n'était pas question de "dénaturer" l'article 2.

Le changement de pied apparent de la CGT a incité Manuel Valls, qui avait eu des mots très durs envers la centrale syndicale, à se montrer plus amène mardi.

L'histoire de la CGT, a-t-il dit, "s'inscrit dans l'histoire de France au XXe siècle, dans les luttes sociales, dans celle de la résistance", avant de condamner les déclarations du président du Medef Pierre Gattaz, lequel a accusé les militants de la CGT de se comporter en "terroristes".

Des propos contre lesquels Philippe Martinez a annoncé une plainte en diffamation.

(Service France, édité par Yves Clarisse)

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  • jfvl il y a 12 mois

    Avec des "chèques catégoriels" aux frais des contribuables et au détriment de la tenue du budget et de la dette.

  • mlaure13 il y a 12 mois

    Je pense qu'on peut les renvoyer dos à dos...:-(((