Le gouvernement pourrait renoncer à des lignes de TGV

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LA FRANCE POURRAIT RENONCER À DE NOUVELLES LIGNES FERROVIAIRES À GRANDE VITESSE
LA FRANCE POURRAIT RENONCER À DE NOUVELLES LIGNES FERROVIAIRES À GRANDE VITESSE

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français pourrait renoncer à des projets de construction ou de prolongation de lignes ferroviaires à grande vitesse afin de tenir ses engagements de réduction du déficit public, comme l'a préconisé la Cour des comptes.

Le volet transports du Grenelle de l'environnement, qui prévoit notamment la construction de 14 lignes de trains à grande vitesse (TGV) sur 2.000 km d'ici 2020, aurait un coût total de 260 milliards d'euros, dont 166 milliards de développement, d'après la Cour des comptes.

Le ministre délégué au Budget, Jérôme Cahuzac, a estimé mercredi qu'il faudrait élaguer dans les projets prévus.

"L'Etat, ceux qui le dirigeaient en son nom, ont prévu une multitude de projets sans avoir le début du commencement du moindre financement. Il y a eu un effet d'affichage", a-t-il dit sur France 2.

"Il faudra, je crois que la Cour des comptes a raison, élaguer dans les projets qui ont été proposés (...) Le gouvernement n'aura pas d'autre choix que de renoncer à certaines des options qui ont été privilégiées", a-t-il ajouté.

La SNCF s'est refusée à tout commentaire dans l'immédiat. A la suite des propos de Jérôme Cahuzac, Eiffage et Vinci, deux groupes de BTP et de concession, ont reculé en Bourse.

LES PROJETS ENGAGÉS SERONT POURSUIVIS

Le ministre délégué aux Transports, Frédéric Cuvillier, a indiqué qu'il rencontrerait dans la journée les parlementaires de la commission concernée pour évoquer ce sujet.

Il a précisé à la sortie du conseil des ministres qu'aucune ligne TGV ne serait supprimée et que les projets engagés seraient menés à terme.

Trois des 14 lignes TGV prévues ont déjà été lancées, rappelle la Cour des comptes dans son rapport. Le gouvernement aura en revanche à faire un arbitrage sur les projets qui n'ont pas encore été engagés.

"Il faut regarder quels sont les critères pour les choix, notamment lors de la rentrée où il y aura un débat sur les transports : quelle est la plus-value des choix qui seront opérés en terme d'aménagement du territoire, de fracture territoriale, d'éléments de terme de croissance ?", a dit Frédéric Cuvillier.

Le développement des lignes à grande vitesse sur le territoire français a durement concurrencé Air France, en grande difficulté et largement responsable des pertes du groupe franco-néerlandais formé avec KLM. (voir )

Dans son rapport sur l'état des finances publiques publié début juillet, la Cour des comptes pointe du doigt les projets d'infrastructures de transport lancés sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy et dont 33% seraient à la charge de l'Etat et 38% à la charge des collectivités territoriales. Elle cible plus particulièrement le programme ferroviaire.

Les nouvelles lignes TGV prévues "ne sont pas budgétairement soutenables" et "ni (leur) rentabilité financière, ni (leur) rentabilité socioéconomique, ni (leur) intérêt environnemental ne sont établis", écrit-elle.

MODERNISATION ET ENTRETIEN

La Cour s'inquiète, entre autres, du lancement prochain de la liaison Lyon-Turin, qui devrait coûter 11 milliards d'euros pour la partie française.

Elle déplore un manque de hiérarchisation des projets, et rappelle avoir déjà recommandé en 2011 aux pouvoirs publics d'accorder la priorité à la modernisation et à l'entretien du réseau ferroviaire existant.

Un message repris mercredi par Jérôme Cahuzac, qui a déploré le manque d'entretien du réseau secondaire.

"On peut se demander si prolonger telle ou telle ligne TGV pour un gain de temps marginal est préférable à l'entretien du réseau secondaire de transport ferroviaire, indispensable car utilisé par beaucoup", a-t-il dit.

La ministre de l'Egalité des territoires et du Logement, Cécile Duflot, a par ailleurs déclaré fin juin que le "Grand Paris", dont le coût a également été épinglé par la Cour des comptes, restait d'actualité mais devrait s'adapter aux contraintes budgétaires du nouveau gouvernement.

Le rapport gouvernemental préparatoire au débat d'orientation des finances publiques, qui a eu lieu mardi à l'Assemblée nationale, précise que le commissariat général à l'investissement sera chargé "dans les prochaines semaines" de l'évaluation de tous les projets d'investissement existants et non encore mis en oeuvre.

"Seuls les investissements les plus pertinents seront retenus", précise ce document.

Chine Labbé, avec service France, édité par Gilles Trequesser

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  • ezussy12 le mercredi 11 juil 2012 à 16:33

    Je croyas qu'il fallait creer des emplois et de la croissance, avec les socialistes au pouvoir, on l'a dans l'os

  • dhote le mercredi 11 juil 2012 à 14:54

    La diligence a de l'avenir,il faut seulument construire des écuries...

  • jean-p86 le mercredi 11 juil 2012 à 14:36

    Ils finiront "empapaoutés"

  • mjjmimi le mercredi 11 juil 2012 à 10:32

    Trop drôle: la gauche dit le contraire de ce qu'elle dit vouloir faire...

  • frinie1 le mercredi 11 juil 2012 à 10:18

    Il faudrait savoir. Hollande a demandé et parlé de projets d'investissement et il est curieux de reprocher à la droite ce que la gauche veut faire c'est a dire de la relance par l investissement . La cour des comptes est suivi dans ce cas, mais pas dans les recommandations de restructuration et d'économie. Le gouvernement choisit parmi les recommandation ce qui correspond à son programme anti Sarkozy encore et toujours

  • M1335622 le mercredi 11 juil 2012 à 09:35

    c est curieux de reprocher à la droite ce que la gauche veut faire c'est a dire de la relance par l investissement et l emprunt d'autant que le TGV a largement démontré que c'était un moyen formidable de décentralisation et de developpement transfrontalier Enfin l'essentiel c 'est d'avoir l'air de

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