Le gouvernement ouvre le jeu sur les intermittents

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LES INTERMITTENTS EN FRANCE
LES INTERMITTENTS EN FRANCE

PARIS (Reuters) - Le Premier ministre, Manuel Valls, a annoncé lundi des décisions dès la fin de la semaine face à la mobilisation des intermittents du spectacle qui menace les festivals de l'été et a promis une "remise à plat" d'un régime "à bout de souffle".

La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a annoncé que la concertation prévue par l'accord contesté entre l'Etat, le patronat et les syndicats serait avancée au début de l'été, ce qui pourrait ouvrir la voie à des aménagements.

Une foule bariolée composée de milliers d'intermittents, accompagnés d'artistes de renom, a manifesté lundi devant le ministère de la Culture à Paris avant de se diriger vers Matignon aux cris de "On ne va rien lâcher".

Dans l'après-midi, une délégation syndicale a quitté une réunion avec le gouvernement, dans le cadre d'un Conseil national des professions du spectacle, en reprochant à l'exécutif de "souffler le chaud et le froid".

"Nous ne pouvons nous contenter des déclarations d'amour d'Aurélie Filippetti nous disant que nos propositions alternatives sont intelligentes et doivent être prises en compte", a déclaré la CGT-Spectacles dans un communiqué.

Des manifestations de moindre ampleur ont eu lieu à Marseille, Bordeaux et Montpellier et Lyon notamment.

Parallèlement, des intermittents ont fait grève un peu partout en France contre les nouvelles règles plus restrictives du régime d'assurance-chômage.

Ils demandent au gouvernement de ne pas agréer la nouvelle convention d'assurance-chômage issue de l'accord signé le 22 mars entre le patronat et trois syndicats (CFDT, FO et CFTC), texte qui durcit les conditions d'indemnisation de plusieurs catégories de chômeurs, dont les leurs.

Parmi les manifestants du Palais-Royal, Jean-Michel Ribes, le directeur du théâtre du Rond-Point, a estimé que l'on ne pouvait pas penser uniquement en termes comptables.

"La Culture rapporte beaucoup d'argent en France, il y a plus de gens qui travaillent dans la Culture que dans le secteur automobile. Ce n'est pas quelque chose qui ne concerne que les intermittents mais tous les citoyens", a-t-il dit sur i>Télé.

Pour appuyer cette journée d'action, la grève a été reconduite lundi au Printemps des Comédiens de Montpellier et à Lyon, les Nuits de Fourvière, jusque-là épargnées, étaient en grève lundi.

A la Comédie-Française, la représentation de "Phèdre" a été annulée tandis qu'à Toulouse, où le festival Rio Loco a été fortement affecté, onze lieux de culture - théâtres, cinémas et salles de musique - étaient en grève.

Une vingtaine d'autres lieux de spectacle ou de tournage participaient au mouvement, selon la CGT-Spectacles.

Manuel Valls a promis sur France Info "un certain nombre de décisions" d'ici la fin de la semaine, sur la base du rapport attendu du médiateur nommé par le gouvernement, le député socialiste Jean-Patrick Gille, auteur en 2013 d'un rapport sur les conditions d'emploi dans les métiers artistiques.

"Je ne veux pas anticiper ces décisions, mais il est évident en même temps que nous devons sans doute remettre à plat l'ensemble de ce dispositif", a-t-il déclaré.

FILIPPETTI VEUT QUE LA CONVENTION SOIT MODIFIÉE

"J'aurai l'occasion de m'exprimer avec les ministres concernés (...) dans les jours qui viennent pour trouver je l'espère une voie qui préserve les spectacles de cet été, qui préserve en même temps le dialogue social et qui bâtisse un avenir pour les intermittents du spectacle", a-t-il ajouté.

Dans une lettre ouverte à François Hollande, qu'elle presse de pas agréer la nouvelle convention, la CGT-Spectacles a menacé vendredi de perturber l'ensemble des festivals de l'été.

Le syndicat a pour l'instant déposé un préavis de grève jusqu'au 30 juin, date-limite pour la décision gouvernementale.

Plusieurs personnalités socialistes, dont l'ex-ministre de la Culture Jack Lang ou la maire socialiste de Lille Martine Aubry, ont pris fait et cause pour les intermittents.

La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a elle aussi joué l'apaisement en annonçant que la concertation tripartite entre l'Etat, le patronat et les syndicats, qui est prévue dans l'accord du 22 mars, serait avancée "au début de l'été".

"L'Etat est prêt à aller très, très loin dans cette voie", a-t-elle déclaré dans une interview au Monde daté de mardi.

"L'accord du 22 mars ne permet pas de résoudre la question du régime des intermittents. Or, on doit mettre sur pied la grande réforme attendue. La gauche s'y est engagée et tiendra ses promesses", a-t-elle ajouté.

Aurélie Filippetti estime que les contre-propositions formulées par les intermittents n'ont pas été examinées par les partenaires sociaux et juge que "les conditions de dialogue social n'ont donc pas été satisfaisantes".

(Sophie Louet, avec Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

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  • mark92 le lundi 16 juin 2014 à 21:51

    Je me fou des spectacles pour quelques touristes. Plus grave, les glandus de syndiqués de la SNCF. "Ben en décharge syndical, nos jours de grève seront payés". C'est cool: bureaux, internet, téléphone.. Subvenrion de 93 millions d'euros. Vive la glandouiulle.

  • M7097610 le lundi 16 juin 2014 à 14:09

    et m'en fout des festivals. J'ai ma piscine et j'invite les potes !

  • M7097610 le lundi 16 juin 2014 à 14:08

    leur réintégration au régime général. C'est la seule mise à plat à négocier. Enfin, s'ils veulent un regime chomage...

  • nebraska le lundi 16 juin 2014 à 14:04

    Yabon etre intermittent. Ils sont passés de 198000 en 1999 à 254000 en 2011 ?? Soit 30% de plus ?? Mais qu'ils fassent grève, on ne s'en portera que mieux.

  • dotcom1 le lundi 16 juin 2014 à 12:29

    Telle les cigales, ils seront bien dépourvu quand viendra l'hiver. Faut rester ferme tout l'été, ils rendront gorge à l'automne une fois à sec.

  • M940878 le lundi 16 juin 2014 à 12:15

    SUPPRESSION PURE ET SIMPLE DES REGIMES SPECIAUX

  • mjjmimi le lundi 16 juin 2014 à 12:09

    les intermittents font un coup de bluff: pour un très grand nombre le travail d'été (festivals etc...) leur permet d'obtenir le maintien de leur statut de rentiers le reste de l'année. Vont pas se sacrifier en faisant grève !

  • dhote le lundi 16 juin 2014 à 11:58

    Attention M.Valls ne jouez pas avec le feu, vous allez vous bruler les mains, si le gouvernement n'agrée pas cette convention adieu le dialogue social.

  • JODHY le lundi 16 juin 2014 à 11:57

    les intermittents n'ont qu'a cotiser eux meme pour leur régime et pas pomper dans le notre et nous on ira a la plage cet été les festivals c'est payant la plage c'est encore gratuit

  • JODHY le lundi 16 juin 2014 à 11:53

    j'ai du mal a comprendre , des accords entre syndicat et patronat,encouragé par le gouvernement et maintenant ces accords seraient caduques ??? on comprends plus rien avec ce gouvernement