Le gouvernement nie tout recul sur la PMA pour les homosexuelles

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LE GOUVERNEMENT NIE RECULER SUR LA PMA POUR LES HOMOSEXUELLES
LE GOUVERNEMENT NIE RECULER SUR LA PMA POUR LES HOMOSEXUELLES

PARIS (Reuters) - Des membres du gouvernement ont démenti dimanche tout recul sur la question de la procréation médicalement assistée (PMA) pour les homosexuelles, déclarant que la question serait tranchée dans le cadre du débat parlementaire sur le projet de loi sur le "mariage pour tous".

Plusieurs associations ont critiqué le fait que la PMA ne figure pas dans le texte qui sera présenté en conseil des ministres fin octobre, alors que François Hollande s'était déclaré favorable à son ouverture aux couples de lesbiennes pendant la dernière campagne électorale.

Interrogée sur France 3, la ministre de la Justice Christiane Taubira a déclaré que le débat sur la question "aura lieu" mais que sa responsabilité était de mettre en oeuvre l'engagement de campagne de François Hollande sur le seul mariage et l'adoption pour les couples homosexuels.

"Il n'y a pas de recul", a-t-elle dit, "où est la marche arrière puisque l'engagement est appliqué dans le texte?"

"Le débat aura lieu, vous voudrez bien patienter, il aura lieu", a-t-elle ajouté à propos du PMA, un sujet qui l'oppose à la ministre de la Famille Dominique Bertinotti, en soulignant que la présentation d'amendements en ce sens était de "la responsabilité des parlementaires, députés et sénateurs".

Sur Canal+, la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a déclaré de même que "ce débat se tranchera dans le cadre du débat parlementaire."

Interrogée sur les maires opposés au mariage des couples homosexuels, Christiane Taubira a rappelé que, en tant qu'officiers ministériels, ils s'exposaient à une suspension de la part du ministère de l'Intérieur s'ils refusaient d'appliquer une loi.

L'UMP GILLES CARREZ POURRAIT VOTER POUR

"Les personnes victimes de ce refus d'appliquer la loi, je n'en doute pas, saisiront la justice et les maires devront répondre de leur comportement", a-t-elle ajouté, pour estimer aussi que "la majorité des maires exerceront leur responsabilité sans faire aucun tapage."

Le député UMP Gilles Carrez, président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, qui s'était opposé au Pacs en 1999, a laissé entendre dimanche qu'il pourrait voter la loi sur le mariage homosexuel même s'il n'a pas encore pris sa décision.

"Il y a 12 ans, j'ai voté contre le Pacs et, très rapidement, je me suis rendu compte que j'avais eu tort. J'étais passé à côté d'une évolution de la société", a-t-il dit lors du Grand Rendez-vous i-télé-Europe 1-Le Parisien/Aujourd'hui en France.

A la question de savoir s'il pourrait voter cette fois-ci, il a répondu : "Je pourrais. Ma décision n'est pas encore prise, j'ai encore besoin d'y réfléchir".

Sur France 2, l'ancien ministre de l'Ecologie de Nicolas Sarkozy, Jean-Louis Borloo, qui tente aujourd'hui de fédérer les centres au sein de l'UDI, a déclaré qu'il voterait sans hésitation le projet de loi sur le mariage pour tous.

"On n'était que deux (députés de droite) à voter le Pacs à l'époque (...) Je n'ai pas changé d'avis même si dans ma famille, l'UDI, les opinions sont très contrastées ", a-t-il dit.

C'est la seconde fois que Jean-Louis Borloo déclare qu'il a voté en faveur du Pacs : Le Parisien/Aujourd'hui en France a établi l'an passé que, sur les quatre scrutins organisés à l'Assemblée nationale sur la question en 1998 et 1999, il s'est abstenu lors des premier et quatrième, n'a pas pris part au second et a même voté contre au troisième.

Yann Le Guernigou, édité par Guy Kerivel

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