Le gouvernement n'envisage pas d'écotaxe régionale

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LE GOUVERNEMENT N'ENVISAGE PAS D'ÉCOTAXE RÉGIONALE
LE GOUVERNEMENT N'ENVISAGE PAS D'ÉCOTAXE RÉGIONALE

PARIS (Reuters) - Le gouvernement n'envisage pas de créer ou de permettre la création d'une écotaxe au niveau des régions, idée relancée cette semaine par l'ancien ministre des Transports Frédéric Cuvillier mais toujours vivement combattue par les transporteurs routiers, a-t-on appris mardi à Matignon.

"Le gouvernement n'envisage pas du tout d'ouvrir cette possibilité", a-t-on dit au cabinet du Premier ministre.

Dans une interview aux Echos de lundi, Frédéric Cuvillier, maire de Boulogne, disait souhaiter la mise en oeuvre d'une taxe pour les poids lourds dans la future grande région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Chantal Jouanno avait pour sa part émis l'idée pour l'Ile-de-France, dont elle est conseillère régionale UDI, de taxer les poids lourds en transit.

La ministre de l'Environnement, Ségolène Royal, avait alors estimé qu'il s'agissait d'une "bonne idée, non seulement pour la région Ile-de-France mais également pour d'autres régions, comme l'Alsace".

Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale et candidat PS aux régionales en Ile-de-France, s'est également prononcé en faveur d'un tel dispositif. "Je suis favorable à une écotaxe. C'est pour ça que j'étais favorable au texte tel qu'il avait été présenté au départ", a-t-il dit lundi sur RTL.

Le gouvernement a suspendu sine die le projet d'écotaxe, cible du mouvement de contestation des "bonnets rouges bretons", à l'automne dernier. La taxe devait contribuer au financement des infrastructures de transports.

Dans sa proposition, Frédéric Cuvillier souligne que sa région doit "bénéficier des circulations internationales et non pas uniquement subir la pollution qui en résulte".

D'autres idées d'écotaxe régionale ont vu le jour récemment, notamment dans un rapport parlementaire qui proposait de faire contribuer le transport routier de marchandises dans les Alpes au financement de la future liaison ferroviaire Lyon-Turin.

Les transporteurs sont fermement opposés à toute relance de l'écotaxe et relèvent qu'il n'est pas possible, aux termes du droit européen, de l'imposer uniquement aux camions étrangers.

"Le trafic étranger paie déjà pour le financement des infrastructures de transports parce que les poids lourds étrangers prennent surtout les autoroutes", a dit Nicolas Paulissen, délégué général de la Fédération nationale des transporteurs routiers, sur France Info.

"Le problème c'est qu'aujourd'hui, pour taxer les étrangers, on veut mettre en place une fiscalité qui va en premier lieu toucher les entreprises de transports françaises, et ça pour nous évidemment c'est inacceptable."

"A la suppression de l'écotaxe, nous nous sommes engagés avec le ministère des Transports dans une solution pérenne pour le financement des infrastructures (...) donc on ne voit pas pourquoi l'écotaxe repointe son nez même sous une forme régionale."

(Gregory Blachier)

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