Le gouvernement maintient les soldes flottants

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La commission créée mi-septembre par Hervé Novelli alors secrétaire d'Etat au commerce a rendu un rapport affirmant l'attachement des consommateurs français à ces périodes de promotion annuelles supplémentaires.

Le président de la Fédération nationale de l'Habillement ne décolère pas. Ce mardi sur Europe 1, il a dit tout le bien qu'il pense de la décision du nouveau secrétaire d'Etat au Commerce, de prolonger en 2011 le régime des soldes flottants. «Monsieur Lefebvre vient d'arriver, et pour un démarrage, il démarre très fort», a affirmé Charles Melcer.

Frédéric Lefebvre et la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, ont en effet annoncé lundi soir que le régime des soldes flottants sera maintenu l'année prochaine. Pour prendre leur décision, les deux ministres se sont appuyés sur les conclusions du rapport rendu par le Crédoc et l' (IFM).

Les deux organismes avaient été chargés en septembre par le précédent secrétaire d'Etat au Commerce Hervé Novelli de se pencher sur l'impact économique de ces deux périodes de promotions hors soldes traditionnels, honnies par la fédération. L'étude met en évidence l'attachement des Français à ces promotions. «En cette période de sortie de crise, 71% des consommateurs, soutiennent les soldes flottants», indique le communiqué du ministère, citant une enquête menée par l'IFM en octobre qui précise également que pour une majorité de consommateurs (56%), les soldes représentent «une nécessité budgétaire». Parallèlement l'enquête affirme que le mécanisme des soldes flottants et les promotions, ne déstabilisent pas les circuits commerciaux habituels car ils «ont permis de dégager un chiffre d'affaires supplémentaire de plus de 120 millions d'euros dans le secteur de l'habillement depuis un an et demi (dont 93 millions d'euros pour les seuls soldes flottants)».

Perte de chiffre d'affaires

Charles Melcer n'est pas de cet avis : «C'est une perte de chiffres d'affaires. Comment voulez-vous vendre à prix coûtant quand il y a des vendeuses et des loyers à payer ? Il faut une marge bénéficiaire (...) Ceux qui ont pris cette décision n'ont jamais été derrière un comptoir et n'ont aussi notion de commerce», a-t-il affirmé. Depuis la création des soldes flottants par la Loi de modernisation de l'économie (LME) en 2008, il n'est pas le seul à dénoncer la loi qui a «fichu le bazar» et engendré la course au rabais permanent. Interrogé en juin par Lefigaro.fr Jean-Marc Genis, président de la Fédération des enseignes de l'habillement (FEH) précisait que «La vocation d'un commerçant est de vendre sa marchandise au prix normal, et de liquider ses stocks deux fois par an aux changements de saisons». Des voix s'étaient aussi élevées pour proposer un aménagement du texte et notamment que les deux semaines flottantes ne le soient plus, mais désormais mise en place au printemps et à l'automne à des dates fixées nationalement pour éviter la bataille entre les enseignes.

La décision du gouvernement de prolonger l'expérience en 2011 n'est cependant qu'une étape. Frédéric Lefebvre a prévu de poursuivre la concertation avec les associations de consommateurs et les fédérations professionnelles de commerçants. Il a aussi demandé aux rapporteurs d'approfondir leur réflexion sur l'encadrement des soldes et promotions sur internet.

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