Le gouvernement lance une "instance de dialogue" avec l'islam

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BERNARD CAZENEUVE VA RÉUNIR UN "FORUM" DE DIALOGUE AVEC LE CULTE MUSULMAN
BERNARD CAZENEUVE VA RÉUNIR UN "FORUM" DE DIALOGUE AVEC LE CULTE MUSULMAN

par Chine Labbé

PARIS (Reuters) - Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve réunit lundi un "forum" de dialogue avec le culte musulman censé lancer une dynamique au-delà du Conseil français du culte musulman (CFCM), principal interlocuteur du gouvernement qui n'a jamais réussi à s'imposer depuis sa création en 2003.

Annoncée en février dernier, dans la foulée des attentats de janvier, l'objectif de cette instance, appelée à se réunir tous les ans, est "d'examiner avec toutes les composantes de l'islam de France les questions qui préoccupent" les musulmans.

Une idée née d'un double constat, explique-t-on dans l'entourage du ministre de l'Intérieur : l'extraordinaire dégradation de l'image de l'islam d'une part et un sentiment unanime de rejet chez les musulmans de l'autre.

Il y a eu en janvier dernier plus d'actes antimusulmans que sur toute l'année 2014.

Si le but est d'écouter les doléances des représentants de la deuxième religion de France, Bernard Cazeneuve fera "un certain nombre d'annonces" à l'issue de la rencontre et précisera la suite du calendrier, dit-on dans son entourage.

La représentation du culte musulman est "très fragmentée" en France et le dialogue avec les pouvoirs publics, fréquent avec certaines fédérations, notamment celles liées au CFCM, est "faible voire inexistant" avec d'autres représentants légitimes du culte, souligne-t-on au ministère de l'Intérieur.

D'où une volonté d'aller chercher au-delà du CFCM.

Mais pas question de créer une nouvelle structure représentative. "C'est un forum pour récréer le dialogue, pas un parlement qui prendra des décisions", insiste-t-on à l'Intérieur. "Il faut faire son deuil à court terme de l'idée que l'Etat pourrait organiser une représentation unifiée."

L'objectif, cette fois, est simple : "être sûr qu'au moins, on entende tout le monde."

LA RADICALISATION ÉCARTÉE

Plus de 5.000 personnes ont été consultées au niveau local en amont de cette rencontre, où 150 représentants du culte musulman ont au final été invités.

Parmi eux, des imams, des aumôniers et des représentants de la société civile censés représenter un large spectre sur les plans théologique, générationnel mais aussi géographique.

"On invite à l'instance toute personne ayant une représentativité et n'ayant pas de comportement contraire à la loi", indique-t-on au ministère, précisant avoir convié des "conservateurs rigoureux".

Une soixantaine des 150 personnalités attendues sont toutefois liées au CFCM, voué à rester la "colonne vertébrale" de la nouvelle instance, selon ses représentants.

Les sujets qui seront abordés lors des tables rondes thématiques prévues lundi vont de la formation des imams à l'islamophobie et aux pratiques rituelles en passant par la construction et la gestion des mosquées.

Il existe plus de 2.500 mosquées en France. Un chiffre qui n'est pas figé --près de 1.000 ont été construites depuis 2004 et 300 sont en cours de construction-- mais qui reste très en deçà de la demande, suscitant de fortes frustrations.

La question de la protection des lieux de culte sera également examinée mais il n'est pas question de débattre de tout dans cette instance dédiée aux problématiques cultuelles, souligne-t-on place Beauvau.

Le sujet de la radicalisation a ainsi été écarté volontairement. "Ce serait un mauvais message que de mettre ce thème au premier plan", dit-on dans l'entourage de Bernard Cazeneuve. "L'idée pour les musulmans de mettre en débat cette question lors d'une première réunion pouvait être vécue comme une forme de stigmatisation."

(édité par Yves Clarisse)

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  • sarestal le dimanche 14 juin 2015 à 14:04

    Au pays de bisounours : ht p://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/hausse-du-nombre-de-mosquees-salafistes-en-france-7776626552