Le gouvernement ivoirien promet de payer les soldats en colère

le
1

(Actualisé, promesse du gouvernement, civil tué à Abidjan) ABIDJAN, 18 novembre (Reuters) - Le gouvernement ivoirien a accepté mardi de verser leurs arriérés de soldes et de primes aux milliers de militaires qui ont paralysé plusieurs villes du pays afin de se faire entendre, ont annoncé les ministres de la Défense et de l'Intérieur. Les soldats, d'anciens rebelles intégrés à l'armée nationale, ont dressé des barricades et bloqué des rues dans la capitale économique, Abidjan, à Bouaké, la deuxième ville du pays, ainsi qu'à Korhogo, Odienné, Bondoukou et Daloa, centre de l'industrie du cacao. Au départ pacifiques, les manifestations se sont durcies après l'annonce du ministre de la Défense, Paul Koffi Koffi, que le gouvernement cédait à certaines de leurs exigences. Le ministre a précisé que le gouvernement avait accepté de rembourser des frais de déplacement dus et des indemnités de logement, ainsi que de provisionner des fonds pour la couverture maladie des soldats. Il a demandé aux militaires de rentrer dans leurs casernes. A Bouaké, ancien bastion des rebelles des Forces nouvelles, les soldats ont fait irruption dans les bureaux de la radiotélévision nationale mais n'ont pu diffuser le communiqué qu'ils avaient rédigé, le personnel ayant pris la fuite. Le ministre de l'Intérieur, Hamad Bakayoko, a ensuite annoncé que le gouvernement acceptait de verser les arriérés de soldes à 9.000 soldats et allait ouvrir des négociations mercredi avec les protestataires. "Le président de la République (Alassane Ouattara) les a entendus", a-t-il dit à la télévision. "Il n'y aura pas de sanctions parce que ce qui est important, c'est que le pays aille de l'avant", a-t-il ajouté. Il a précisé, sans donner de détails, qu'un civil avait été tué pendant les manifestations à Abidjan. Des coups de feu ont été entendus en fin d'après-midi à Bouaké, Daloa et Korhogo. La nuit tombée, des soldats en armes patrouillaient dans les rues et fouillaient les véhicules dans ces villes, ont rapporté des témoins. Les militaires en colère sont d'anciens rebelles qui avaient participé à la guerre civile de 2011 ayant conduit à l'éviction du président Laurent Gbagbo. Celui-ci avait refusé de reconnaître sa défaite lors de l'élection présidentielle face à Alassane Ouattara l'année précédente. Certains manifestants demandent de l'avancement et le versement d'une prime de cinq millions de francs CFA (7.600 euros) qui leur avait été promise il y a trois ans lorsqu'ils combattaient les partisans de Laurent Gbagbo. Laurent Gbagbo est incarcéré auprès de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye dans l'attente d'un procès pour crime contre l'humanité. (Ange Aboa, Joe Bavier; Pierre Sérisier et Guy Kerivel pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • C177571 le mardi 18 nov 2014 à 19:54

    Hollande paiera!