Le gouvernement islandais attaqué après les "Panama papers"

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    REYKJAVIK, 4 avril (Reuters) - L'opposition islandaise a 
réclamé lundi la démission du gouvernement et annoncé le dépôt 
d'une motion de censure après la publication de documents selon 
lesquels l'épouse du Premier ministre possède une société 
enregistrée au Panama qui détient des créances sur des banques 
renflouées par l'Etat.  
    Les allégations des "Panama papers" concernant l'Islande 
avaient déjà été évoquées le mois dernier mais la publication 
massive d'informations par une centaine de médias dans le monde 
entier depuis dimanche soir a ravivé les critiques à l'encontre 
du Premier ministre, Sigmundur Gunnlaugsson. 
    Ce dernier a déclaré à la chaîne de télévision Channel 2 
qu'il n'avait pas l'intention de démissionner.  
    "Le gouvernement a eu de bons résultats. Les progrès sont 
solide et il est important que le gouvernement puisse mener son 
travail à terme", a-t-il dit. "J'écouterai la position de la 
population lors des prochaines élections." 
    Le mois dernier, il avait déclaré sur un blog que les actifs 
détenus par sa femme à l'étranger étaient taxés en Islande et, 
dans un entretien à une radio, il avait assuré avoir privilégié 
l'intérêt commun sur ses propres intérêts dans le traitement des 
dossiers liés à la crise financière.  
    Mais l'opposition et des médias islandais l'accusent de 
conflit d'intérêts et lui reprochent de ne pas avoir révélé de 
lui-même l'existence de ces actifs détenus à l'étranger.  
    Le système bancaire islandais s'est pratiquement effondré 
après la crise financière de 2008 et les banques du pays ont été 
nationalisées, ce qui a eu pour conséquence une profonde 
récession, des années d'austérité et un long conflit 
juridico-financier avec les créanciers islandais et surtout 
étrangers de ces établissements.  
    Les autorités du pays ont été mises en cause pour leur 
passivité et leur laxisme envers les pratiques des banques avant 
la crise.  
    Un porte-parole des services du Premier ministre a déclaré 
que les créances de la société détenue par l'épouse de celui-ci 
représentaient au total de plus de 500 millions de couronnes 
islandaises (3,6 millions d'euros).  
    La coalition de centre-droit dirigée par Sigmundur 
Gunnlaugsson détient 38 des 63 sièges du Parlement, ce qui 
signifie qu'une motion de censure n'a pratiquement aucun chance 
d'être adoptée. 
 
 (Ragnhildur Sigurdardottir, avec Anna Ringstrom à Stockholm; 
Marc Angrand pour le service français) 
 
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