Le gouvernement examine en coulisses des solutions au blocage

le
7
LE GOUVERNEMENT ÉTUDIE EN COULISSES UNE SORTIE DE CRISE POSSIBLE
LE GOUVERNEMENT ÉTUDIE EN COULISSES UNE SORTIE DE CRISE POSSIBLE

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Le gouvernement a réaffirmé jeudi son intransigeance face aux mouvements contre la loi Travail, promettant d'assurer l'approvisionnement en carburant et en électricité des Français tout en envisageant des aménagements à la marge du texte.

En première ligne dans cette guerre d'usure, Manuel Valls a répété qu'il n'était pas question de renoncer au projet de loi, dont la CGT demande le retrait, mais a jugé possible des "améliorations" sans toucher à sa "philosophie".

Une position approuvée par François Hollande, qui a déclaré en marge du sommet du G7 au Japon qu'il partageait les propos du Premier ministre et qu'ils en avaient parlé.

Alors que le blocage de raffineries et de dépôts de carburant par des militants de la CGT provoquent un début de pénurie, le Premier ministre a assuré que tout serait fait pour assurer l'approvisionnement énergétique du pays.

"On ne peut pas bloquer un pays, on ne peut pas s'en prendre ainsi aux intérêts économiques de la France", a-t-il répété lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale, en cette huitième journée de grèves et de manifestations à l'appel d'une intersyndicale conduite par la CGT, appuyée par Force ouvrière.

"Je n'hésiterai pas à utiliser tous les moyens que me donne l'Etat de droit pour faire respecter l'intérêt général, la libre circulation", a-t-il prévenu.

Ferme face au mouvement social, le gouvernement cherche en coulisses une porte de sortie, au prix d'une certaine confusion.

Comme le chef de file des députés socialiste Bruno Le Roux, et le rapporteur du texte, Christophe Sirugue la veille, Michel Sapin a évoqué jeudi une éventuelle modification de l'article 2 du projet de loi réformant le marché du travail.

Cet article, au coeur du texte, affirme notamment la primauté de l'accord d'entreprise sur l'accord de branche, ce qui est considéré par la CGT et Force ouvrière (FO) comme une "inversion de la hiérarchie des normes" inacceptable.

"Peut-être faut-il toucher à l'article 2", a dit le ministre des Finances sur LCP. Ce à quoi Manuel Valls a aussitôt rétorqué sur RMC et BFM TV : "On ne touchera pas à l'article 2."

CONTACTS AVEC FORCE OUVRIÈRE

Une cacophonie déplorée par le président du groupe PS au Sénat, Didier Guillaume.

"Nous aurions pu être meilleurs en termes de cohérence. En tout état de cause, la volonté du gouvernement, du chef de l'Etat et de la majorité, c'est d'aller jusqu'au bout de cette loi Travail", a dit ce proche de François Hollande sur France 3.

L'article 2 réécrit les dispositions du Code du travail relatives à la durée et l'organisation du travail et donne la primauté à la négociation d'entreprise.

Bruno Le Roux et Christophe Sirugue proposent d'amender cet article pour donner aux branches un pouvoir de contrôle a priori sur les accords d'entreprises, alors que le texte actuel ne leur donne qu'un droit de regard a posteriori.

"Si modifier c'est réécrire l'article 2 pour supprimer la primauté de l'accord d'entreprise, bien évidemment que non", a dit Christophe Sirugue sur RTL.

"Si c'est travailler sur l'article 2 pour répondre à la problématique soulevée par quelques-uns sur le risque de dumping social, la réponse est oui", a-t-il ajouté.

Alors que la CGT reste intraitable, des contacts sont pris avec FO pour tenter de faire évoluer le rapport de forces.

"Oui, je pense qu'on peut travailler avec FO", a déclaré à quelques journalistes Catherine Lemorton, présidente PS de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée.

Un sénateur socialiste approuve : "La CGT est isolée, FO commence à replier ses gaules", croit-il savoir. "On peut trouver une porte de sortie via des accords salariaux et autour de l'amendement Sirugue, d'ailleurs approuvé par une très grande majorité de parlementaires socialistes."

La voie semble étroite, si l'on en croit le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly.

"Force ouvrière n'acceptera jamais, vous m'entendez jamais, l'inversion de la hiérarchie des normes", a-t-il prévenu jeudi lors de la manifestation parisienne.

Pascal Pavageau, secrétaire confédéral FO chargé de l'économie, décrypte : "Si le gouvernement veut donner un signe, c'est premièrement il gèle l'examen du projet de loi, deuxièmement il met tout le monde autour de la table et il maintient l'égalité de droits, donc la hiérarchie des normes".

(Avec Emile Picy, Ingrid Melander et Jean-Baptiste Vey, édité par Emmanuel Jarry)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • jjd47 il y a 7 mois

    Il sera pas le seul à payer. Tous les godillots de son parti aussi. Prochaines élections législatives: fin du PS et c'est tant mieux, au moins on saura qui est de gauche ou de droite.

  • frk987 il y a 7 mois

    c'est sa seule stratégie , tant qu'à faire, ça fait moins électeur de gauche !!!!!

  • frk987 il y a 7 mois

    Il va reculer, c'est ça seule stratégie à ce gros nul. Il nous aura fait le mariage homo, vaste bilan !!!!!!!

  • phili646 il y a 7 mois

    Paillasson 1er n'a pas été élu pour remettre en cause le code du travail, s'il veut le faire il doit repasser devant les électeurs !!!! sinon 2017 sera pour lui le chant du cygne !!!!

  • phili646 il y a 7 mois

    Pourquoi cherchez à négocier puisque soit disant paillasson 1er a tranché en faveur du matamore catalan !!!!

  • newwin il y a 7 mois

    hollande seul responsable

  • phili646 il y a 7 mois

    Le responsable de cette chienlit n'a pas été élu pour remettre en cause le code du travail, il n'a aucune légitimité et va le payer cash en 2017 !!!!!