Le gouvernement égyptien débat du sort des Frères musulmans

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LE GOUVERNEMENT ÉGYPTIEN DÉBAT DU SORT DES FRÈRES MUSULMANS
LE GOUVERNEMENT ÉGYPTIEN DÉBAT DU SORT DES FRÈRES MUSULMANS

par Alistair Lyon et Tom Finn

LE CAIRE (Reuters) - Le gouvernement mis en place après la destitution de Mohamed Morsi par l'armée devait débattre ce dimanche de la crise en Egypte, où la répression contre les Frères musulmans a fait près de 800 morts la semaine passée.

Dans un discours devant des militaires et des policiers, le général Abdel Fattah al Sissi, chef d'état-major de l'armée égyptienne qui ne s'était pas exprimé en public depuis l'assaut lancé mercredi contre les partisans de Morsi, s'est adressé indirectement à eux en affirmant qu'il y avait de "la place pour tous en Egypte".

Mais le nouvel homme fort du pays a aussi prévenu que le recours à la violence ne serait pas toléré et qu'il n'accepterait pas "la destruction de ce pays, qu'on terrorise son peuple et qu'on renvoie une mauvaise image aux médias occidentaux avec des combats dans les rues".

Parallèlement, le vice-Premier ministre Ziad Bahaa el Dine, classé dans le camp des libéraux, devait proposer ce dimanche au gouvernement un plan destiné à mettre fin aux violences.

Ce projet, que Reuters a pu consulter, est la première initiative importante émanant du camp libéral, dont la figure de proue, le vice-président Mohamed ElBaradeï, a démissionné mercredi pour exprimer sa désapprobation de la répression lancée contre les partisans de Morsi.

Muet sur le sort de Morsi, toujours en détention, il appelle notamment à la levée de l'état d'urgence proclamé mercredi, à la participation de tous les partis politiques et à la garantie des principales libertés. Mais il semble en porte-à-faux avec la ligne dure défendue par Hazem el Beblaoui, le Premier ministre, qui a proposé samedi la dissolution des Frères musulmans, dont est issu Mohamed Morsi.

"Il n'y aura pas de réconciliation avec ceux dont les mains sont tachées de sang et qui ont tourné leurs armes contre l'Etat et les institutions", a prévenu Hazem el Beblaoui samedi.

"NOUS AVONS LE SOUTIEN DU PEUPLE"

Quelles que soient les propositions politiques ou les critiques internationales, dit un officier de la sécurité, il n'y aura pas de répit dans la lutte contre la confrérie islamiste.

"Nous avons le soutien du peuple. Tout le monde est contre les Frères désormais puisque que chacun voit bien que c'est une organisation terroriste armée qui n'a plus d'avenir en tant que force politique", a-t-il dit sous couvert d'anonymat.

La confrérie, sous le choc de la mort de plusieurs centaines de ses partisans et de l'arrestation d'un millier d'autres, veut poursuivre sa lutte contre ce qu'elle qualifie de "coup d'Etat militaire". Mais aucun rassemblement d'importance n'a été signalé dimanche.

Sur le plan international, l'Union européenne a annoncé dimanche qu'elle allait réviser la nature de ses relations avec l'Egypte au cours des prochains jours et qu'elle allait "adopter des mesures en ce sens".

Les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Huit devraient se réunir en début de semaine.

Au Caire, l'activité a repris alors que les rues de la capitale étaient inhabituellement vides depuis les assauts menés mercredi contre les campements des pro-Morsi.

L'armée veille cependant toujours au maintien du couvre-feu décrété mercredi pour les principales villes du pays, et elle empêche l'accès à plusieurs grandes places du Caire.

Fermées depuis mercredi, les banques et la Bourse ont rouvert et le principal indice égyptien a fini sur un recul de 3,9%.

Plusieurs entreprises multinationales, comme le constructeur automobile américain General Motors, le groupe chimique allemand BASF et le groupe allemand de distribution Metro ont repris leurs activités.

En revanche, la firme suédoise Electrolux, deuxième entreprise mondiale d'électroménager qui emploie quelque 7.000 salariés en Egypte, estime que les conditions ne sont pas encore réunies pour rouvrir ses sites.

Julien Dury et Henri-Pierre André pour le service français

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