Le gouvernement contre l'amnistie pour les syndicalistes

le
3
LE GOUVERNEMENT CONTRE L'AMNISTIE POUR LES SYNDICALISTES
LE GOUVERNEMENT CONTRE L'AMNISTIE POUR LES SYNDICALISTES

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français s'opposera au texte prévoyant l'amnistie des syndicalistes auteurs de délits lors de mouvements sociaux depuis 2007, a déclaré mercredi le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies.

Le Parti communiste a dénoncé "une trahison" de la part du gouvernement, tandis que la commission des Lois de l'Assemblée a rejeté le texte.

Adoptée au Sénat le 27 février, la proposition de loi a été déposée par des sénateurs du groupe Communiste républicain et citoyen, incluant le Front de gauche.

"Je veux être clair : la position du gouvernement dans ce débat sera non. Nous ne sommes pas favorables à cette amnistie, ni à aucune autre, ça a été la position du président de la République depuis l'origine", a dit Alain Vidalies sur France Info.

"La réponse que donnera le gouvernement quand ce texte viendra devant le Parlement - le 16 mai - sera une réponse défavorable", a-t-il ajouté.

Ce texte est très critiqué par les représentants du patronat qui ont dénoncé un chèque en blanc à la violence. Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, s'était dit "sceptique sur le principe de l'amnistie".

Le porte-parole du Parti communiste, Olivier Dartigolles, a déploré "un invraisemblable renoncement".

"Cette trahison est insupportable", poursuit-il dans un communiqué. "Hier, la gauche s'est retrouvée pour faire avancer l'égalité en votant le mariage pour tous. Dès le lendemain, monsieur Vidalies propose le divorce."

"PRIME AUX CASSEURS"

Plusieurs syndicats, comme Solidaire qui fustige une "couverture de la politique sarkozyste de la part du PS", ont dénoncé mercredi après-midi l'annonce du ministre chargé des Relations avec le Parlement.

"On s'attendait à ce qu'un gouvernement à majorité socialiste soutienne cette loi d'amnistie a minima. Il n'en n'est rien !", a déclaré de son côté la CGT dans un communiqué.

"Le gouvernement et l'Assemblée nationale, en acceptant la criminalisation des salariés et syndicalistes, envoient un message désastreux au monde du travail", ajoute le syndicat.

A l'inverse, la secrétaire général de l'UMP Michèle Tabarot s'est réjouie d'une "victoire de l'opposition" dans le rejet de cette proposition de loi, déposée par des sénateurs communistes et du Front de Gauche.

"L'UMP avait dénoncé un texte dangereux qui allait créer un sentiment d'impunité inacceptable, fragiliser le dialogue social en donnant une prime aux casseurs, et rendre plus difficile le travail des forces de l'ordre", dit Michèle Tabarot dans un communiqué.

"Ce revirement est une énième illustration de la gouvernance erratique de François Hollande. Sa majorité avait voté ce texte au Sénat. Christiane Taubira l'avait soutenu sans ambiguïté", ajoute-t-elle.

La commission des Lois de l'Assemblée a rejeté mercredi la proposition de loi. Seuls quelques députés de gauche comme Marc Dolez (Front de gauche), Sergio Coronado (écologiste) et le socialiste Patrick Menucci ont voté pour.

Les membres PS, UMP et UDI de la commission ont voté contre ce texte qui sera examiné le 16 mai en séance publique par les députés dans le cadre d'une séance réservée aux députés du groupe Front de gauche.

Jean-Baptiste Vey et Marion Douet, avec Emile Picy, édité par Patrick Vignal

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • chatnour le mercredi 24 avr 2013 à 23:56

    https://twitter.com/zarky91/status/327177628857532416/photo/1

  • phiphou le mercredi 24 avr 2013 à 22:28

    La castagne n'est pas loin entre les rouges ; on s'en frotte les mains par avance...

  • M7854011 le mercredi 24 avr 2013 à 22:08

    Pour une fois, je trouve que Pépère est courageux : face à ces démolisseurs de la société et voyous de première classe, il n'est pas possible de se laisser avoir par eux. Au fait, c'est quoi un communiste de nos jours? Je suis allé en Chine communiste, à Cuba, bastion communiste, je n'ai pas vu un seul voyou non envoyé en prison... Et penser que nos communistes français font l'apologie de la violence et demander ensuite une amnistie pour les violents...