Le gouvernement burundais repousse les négociations de paix

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 (Actualisé avec confirmation et réaction, § 4-5-6-7-8) 
    NAIROBI, 5 janvier (Reuters) - Le gouvernement burundais a 
annoncé mardi qu'il ne participerait pas aux négociations de 
paix avec l'opposition qui étaient censées débuter mercredi en 
Tanzanie mais ont été repoussées à une date ultérieure. 
    La tenue de ces discussions avait été annoncée le mois 
dernier dans le cadre d'une tentative régionale pour résoudre la 
crise provoquée par la décision du président Pierre Nkurunziza 
de briguer un troisième mandat, dénoncée par ses adversaires 
comme contraire à la constitution. 
    "Pas de dialogue demain, ni le 16 janvier comme beaucoup le 
pensaient parce qu'il n'y a pas de consensus sur la date", a 
déclaré Joseph Bangurambona, secrétaire permanent du ministère 
burundais des Affaires étrangères. 
    Il a précisé que le camp gouvernemental refusait de 
participer à ces discussions parce qu'elles intègrent, a-t-il 
dit, des "partisans des violences". 
    Le gouvernement burundais est notamment opposé à la présence 
de Carine Kaneza, représentante de femmes burundaises, dont 
Bujumbura ne reconnaît pas le rôle pas plus que l'organisation 
qu'elle dirige. 
    "Le dialogue reprendra à la condition que les médiateurs 
élimine ces irrégularités et fixe une nouvelle date convenue", 
a-t-il ajouté. 
    Le porte-parole de l'Union pour le progrès national 
(Uprona), formation de l'opposition burundaise, a accusé le 
gouvernement de vouloir délibérément faire traîner le processus. 
    De son côté, l'Ouganda, dont le président Yoweri Museveni 
tente une médiation dans la crise burundaise, a confirmé que les 
négociations de paix ne débuteraient pas mercredi. "A ce stade, 
nous ne pouvons pas dire quand elles débuteront", a ajouté Paddy 
Ankunda, porte-parole de l'armée. 
    Le Burundi a basculé dans une grave crise politique en avril 
dernier, avec l'annonce par Pierre Nkurunziza de son intention 
de briguer un troisième mandat. Les manifestations et les 
violences qui sont intervenues n'ont pas empêché le déroulement 
de la présidentielle, par laquelle le sortant a obtenu ce 
troisième mandat au mois de juillet. 
    Selon les Nations unies, au moins 400 personnes ont péri au 
Burundi depuis le mois d'avril, et plus de 220.000 personnes ont 
fui le pays. Plus de 73.000 d'entre elles ont trouvé refuge au 
Rwanda, selon les autorités de Kigali. 
    L'Union africaine a annoncé ce mois-ci qu'elle se tenait 
prête à envoyer au Burundi 5.000 soldats de maintien de la paix 
pour protéger les populations civiles, ce que le gouvernement de 
Bujumbura a catégoriquement rejeté en y voyant une violation de 
sa souveraineté. 
 
 (Duncan Miriri avec Elias Biryabarema à Kampala; Pierre 
Sérisier et Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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