Le gouvernement burkinabé promet d'enquêter sur l'ère Compaoré

le
0

(actualisé sur contrats miniers, avant-dernier paragraphe) OUAGADOUGOU, 28 novembre (Reuters) - Le nouveau gouvernement du Burkina Faso a promis jeudi d'ouvrir des enquêtes sur les décès d'un ancien chef de l'Etat et d'un journaliste, réclamées par les manifestants qui ont provoqué le départ de l'ex-président Blaise Compaoré le mois dernier. Le lieutenant-colonel Isaac Zida, nommé Premier ministre par intérim il y a huit jours, a également annoncé que des audits seraient menés au sein des entreprises publiques et que la justice demanderait des comptes aux responsables soupçonnés de corruption. A la tête du Burkina depuis 1987, Blaise Compaoré a démissionné fin octobre à la suite de plusieurs grandes manifestations contre son projet d'amender la Constitution afin de se maintenir au pouvoir. ID:nL5N0SQ45U Soutenu par les Occidentaux pour son rôle de médiateur dans les conflits régionaux en Afrique de l'Ouest au cours des dernières années, il laisse derrière lui un pays rongé selon beaucoup par la corruption et l'impunité. "Nous devons faire la lumière sur tout ce qui s'est passé sous le règne de Blaise Compaoré", a déclaré jeudi soir Isaac Zida à des journalistes. "Tous les dossiers en suspens seront rouverts", a-t-il dit. Parmi eux, le coup d'Etat de 1987 qui a coûté la vie au président de l'époque, Thomas Sankara, dans des circonstances toujours inexpliquées, et la mort en 1998 du journaliste d'investigation Norbert Zongo, qui enquêtait sur le décès d'un chauffeur employé par le frère de Blaise Compaoré. Isaac Zida a menacé de renationaliser les sociétés dont la privatisation a lésé la population et affirmé que les personnes soupçonnées de corruption devaient être convoquées pour s'expliquer. En écho à des déclarations faites en ce sens par le ministre des Mines par intérim, Isaac Zida a ainsi réitéré l'engagement de réexaminer tous les contrats miniers passés sous l'ère Compaoré, ajoutant que les licences accordées par voie de corruption ou de népotisme seraient "purement et simplement annulées". Le gouvernement intérimaire est censé gérer la transition dans le pays pendant un an avant de nouvelles élections. (Mathieu Bonkoungou; Jean-Stéphane Brosse et Eric Faye pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant