Le gouvernement britannique prend la défense de la justice

le , mis à jour à 16:25
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 (Actualisé avec ministre de la Justice, § 1-2) 
    LONDRES, 5 novembre (Reuters) - Le gouvernement britannique 
a pris samedi la défense de l'indépendance de la justice face 
aux critiques portées contre les magistrats de la Haute Cour qui 
ont jugé nécessaire jeudi que l'exécutif obtienne l'aval du 
Parlement avant d'entamer la procédure de sortie de l'Union 
européenne. 
    Dans un bref communiqué, la ministre de la Justice du 
cabinet de Theresa May, Liz Truss, a rappelé que l'indépendance 
de la justice était "la base sur laquelle se fonde notre état de 
droit". 
    Ce rappel fait suite aux critiques qui ont accompagné la 
décision des juges de la Haute Cour d'Angleterre, susceptible de 
perturber les plans de la Première ministre - Theresa May a 
confirmé le mois dernier à ses pairs européens qu'elle entendait 
entamer cette procédure de divorce à la fin mars.  
    Un autre membre du gouvernement, Sajid Javid, secrétaire 
d'Etat aux Communautés et au Gouvernement local, a ainsi jugé 
que la décision des juges était "inacceptable" et contraire "à 
la volonté des Britanniques", qui se sont prononcés pour le 
Brexit lors du référendum du 23 juin.  
    Le Daily Mail, à la une de son édition de vendredi, a estimé 
quant à lui que les trois juges à l'origine de cet arrêt étaient 
des "ennemis du peuple" "déconnectés" dont la décision va à 
l'encontre des suffrages des 17,4 millions de Brexiters.   
    Mais d'autres voix conservatrices se sont élevées contre ces 
réactions critiques qui, selon l'ancien procureur général 
Dominic Grieve, ont des relents "fascistes". "Cela témoigne 
d'une totale incompréhension de la Constitution britannique 
(...) ou d'une volonté délibérée de la détruire", poursuit-il 
samedi dans les colonnes du Times.  
    Dénonçant une atteinte à l'indépendance de la justice, Bob 
Neil, président de la commission judiciaire de la Chambre des 
communes et membre du Parti conservateur, a quand à lui jugé que 
de tels propos n'avaient "pas leur place dans un pays civilisé" 
et a invité Theresa May à réagir.  
     
    PROPOS AU VITRIOL 
    "L'opinion britannique reste convaincue de l'indépendance et 
de la probité des juges, mais ces propos médiatiques au vitriol 
au sujet du Brexit leur portent atteinte", écrit quant à lui 
l'ancien ministre de la Justice Charles Falconer dans le 
Guardian.  
    Enjoignant dans un communiqué au gouvernement de condamner 
dans l'urgence ces "attaques injustifiées", le conseil du 
barreau, qui représente des avocats en Angleterre et au Pays de 
Galles, a rappelé pour sa part qu'"une justice indépendante et 
forte est essentielle au fonctionnement de la démocratie et au 
maintien de l'état de droit". 
    Mais Stephen Glover, éditorialiste du Daily Mail, a défendu 
samedi la couverture de l'affaire par son journal. Les juges, 
dit-il, n'ont aucune raison de se sentir intimidés par les 
critiques suscitées par leur décision.  
    "Imaginer que cela (ndlr, ces critiques) a eu un effet 
terrifiant et dévastateur sur la société britannique est 
littéralement une folie", a-t-il poursuivi au micro de la BBC. 
    La Première ministre a assuré vendredi la chancelière 
allemande Angela Merkel et le président de la Commission 
européenne Jean-Claude Juncker que la décision de la Haute Cour 
n'aurait pas de conséquences sur le calendrier du Brexit. 
  
 
 (William Schomberg; Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André 
pour le service français) 
 
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