Le gouvernement assure disposer d'une majorité pour réformer

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PARIS (Reuters) - Répétition du titre.

Le gouvernement dispose d'une majorité pour continuer à réformer, a assuré mercredi son porte-parole Stéphane Le Foll, après l'annonce du recours à l'article 49-3 de la Constitution pour faire adopter la loi Macron à l'Assemblée nationale.

Interrogé sur Europe 1, il a indiqué toutefois que tout député socialiste qui voterait la motion de censure déposée par l'UMP et les centristes de l'UDI dans le cadre de cette procédure n'aurait "plus sa place" au Parti socialiste.

Mais "je pense que la motion de censure sera rejetée. Il n'y a pas de majorité alternative", a-t-il dit.

Sur BFM TV, Emmanuel Macron a laissé entendre clairement que le gouvernement était prêt à utiliser à nouveau le "49-3" lors de l'examen en deuxième lecture à l'Assemblée de son projet de loi sur la croissance et l'activité.

"On ira au bout de nos responsabilités sur ce texte", a déclaré le ministre de l'Economie.

Le Premier ministre Manuel Valls a invoqué mardi l'article 49-3, qui permet l'adoption de lois sans vote, pour ne pas risquer un échec sur le projet de loi Macron face à l'opposition d'une partie des élus de gauche du PS.

"Ce n'est pas parce que sur ce sujet, il y a des députés appelés 'frondeurs' qui ont été jusqu'à voter contre qu'on n'a pas de majorité", a indiqué Stéphane Le Foll. "Avec une majorité, nous continuerons à faire de réformes."

En attendant, le porte-parole du gouvernement, qui est proche de François Hollande, a estimé que des "décisions" devraient être prises au PS où, selon lui, "il y a un minimum de solidarité et de responsabilité à avoir".

"Chacun sera rappelé à sa responsabilité, chacun aura à se rappeler qu'il a été élu dans le cadre d'une majorité après une présidentielle", a-t-il encore dit.

POSITIONS SECTAIRES

Emmanuel Macron s'est défendu face aux accusations de "déni de démocratie" qui ont suivi le passage en force en faisant valoir le temps passé à débattre un texte largement amendé et dont chaque article a été adopté l'un après l'autre par les députés avant le vote global avorté de mardi.

Le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen a souligné le "travail exceptionnel" autour d'un texte qui a été débattu pendant plus d'une centaine d'heures en commission puis en séance à l'Assemblée.

"Peut-être que la pédagogie n'a pas été suffisamment faite, sans doute, mais je me demande ce qu'il faut pour qu'un certain nombre de gens à gauche comprennent la réalité du pays", a-t-il dit sur RTL.

Il s'en est pris surtout à la "gauche de la gauche", déclarant : "Il est clair qu'on voit bien qu'il y a une détestation, (...) une fuite en avant, on ne peut pas rêver au Venezuela et à la Grèce, on est en France".

"Où est le mouvement social qui viendrait critiquer la loi Macron ? Il n'y en a pas. Il n'y a que des positions idéologiques, des positions sectaires, une volonté de revanche vis-a-vis de la gauche démocratique qui gouverne ce pays et qui veut avancer", a-t-il ajouté en visant l'ancien coprésident du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon et l'ancienne ministre écologiste Cécile Duflot.

Sur France Info, Jean-Luc Mélenchon a critiqué la décision des députés communistes de voter la motion de censure du gouvernement.

"Je n'aurais pas procédé comme ça, d'abord parce qu'il n'y a aucune chance que cette motion de censure passe, donc qu'est-ce qu'on va aller se fourrer avec la droite dans une aventure pareille", s'est-il demandé.

A la place, "j'aurais proposé aux frondeurs et aux écologistes de faire une motion de censure pour montrer que, si le gouvernement est désapprouvé, il l'est par la gauche et pas par la droite (...) il faut montrer qu'il y a une alternative dans le pays".

(Yann Le Guernigou, avec Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse)

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  • M1381654 le mercredi 18 fév 2015 à 12:18

    Qu'une bonne fois pour toutes on traduise le terme réformer en mot moins valise !!!!!

  • frk987 le mercredi 18 fév 2015 à 11:10

    Pour réformer quoi....le charcutage électoral, ça je n'en doute pas un instant, mais virer 50% des fonctionnaires, là je suis plus "sceptique" qu'une fosse du même nom !!!!