Le gouvernement appelle les salariés de Mory Ducros à la raison

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PARIS (Reuters) - Le président du directoire d'Arcole Industries, André Lebrun, principal actionnaire du transporteur routier Mory Ducros, a annoncé mercredi au gouvernement français qu'il n'améliorerait plus son plan de reprise de l'entreprise en difficulté.

Reçu par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault à Matignon, il a maintenu son plan de sauvegarde de 2.150 emplois sur 5.000, en tenant compte des filiales du groupe.

Prié de dire s'il pouvait améliorer son offre, André Lebrun a répondu : "Non, ça c'est fait", en référence aux 250 emplois supplémentaires qu'Arcole s'est engagé à préserver le 23 janvier lors de négociations avec les syndicats et les actionnaires.

Mory Ducros, numéro deux du secteur en France derrière Geodis, a été placé en redressement judiciaire en novembre 2013.

Jean-Marc Ayrault a dit avoir voulu grâce à la réunion "tendre la main pour que la négociation puisse être conclue très vite avec les représentants du personnel" afin que le tribunal de commerce valide l'offre avant la fin de la semaine.

"On ne sauvera pas tous les emplois, je ne veux pas mentir, 5.000 emplois c'est considérable, mais l'enjeu c'est qu'il y ait le maximum d'emplois sauvés donc aujourd'hui nous sommes à plus de 2.000 et après il faudra trouver des solutions sur les différents sites, département par département", a-t-il dit.

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, avait plus tôt dans l'après-midi exhorté les salariés à faire preuve de prudence avant de rejeter l'offre d'Arcole.

"Notre objectif, c'est que les 3.000 personnes qui partiront partent avec le plus possible", a-t-il dit lors d'une visite sur un site de Mory Ducros. "Mais, à un moment, demander plus c'est risquer aussi de mettre en l'air l'entreprise et si l'entreprise est en l'air, il n'y aura plus personne pour la reprendre."

"Le risque est très sérieux que l'on se retrouve non plus avec 3.000 personnes et 21 millions à se partager mais 5.000 personnes avec sept millions seulement à se partager. C'est un risque que vous devez avoir en tête."

RECLASSEMENTS

A l'issue de la réunion de Matignon, à laquelle il assistait avec le ministre des Transports Frédéric Cuvillier, Arnaud Montebourg a estimé que le dialogue n'était "pas rompu".

"Le gouvernement travaille activement à rapprocher les parties pour sauver plus de 2.000 emplois dans un dossier difficile pour que de nombreux conducteurs, travailleurs de la messagerie Mory Ducros conservent leurs emplois, c'est la priorité du gouvernement", a-t-il expliqué.

Frédéric Cuvillier a assuré qu'il allait sans délai contacter les entreprises de transport routier qui se sont engagées à reclasser 1.000 salariés "pour que les chiffres soient garantis, pour que les procédures soient assurées".

Arcole promet une enveloppe supplémentaire de 21 millions d'euros pour payer les indemnités supra légales aux salariés qui seront licenciés et s'engage au maintien des accords sociaux pour une période minimale de 24 mois.

Le gouvernement a promis d'accompagner les salariés non repris avec des propositions de 500 embauches dans des entreprises publiques telles que La Poste ou la RATP et la création d'une bourse à l'emploi.

Autres engagements : rémunération "quasi équivalente" à son salaire net actuel pour chaque salarié pendant un an; accès à des formations professionnelles; prise en charge par l'Etat pendant deux ans du différentiel de salaires, jusqu'à 300 euros par mois, en cas de reclassement dans un emploi moins bien rémunéré.

Julien Ponthus, avec Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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