Le gouvernement Abe III à pied d'oeuvre

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par Elaine Lies TOKYO, 24 décembre (Reuters) - Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a été reconduit mercredi par le Parlement à la tête d'un gouvernement globalement inchangé, à l'exception du ministère de la Défense, promis à une personnalité dont les thèses pourraient ne pas être du goût de la Chine. Balayant l'idée selon laquelle sa victoire d'il y a dix jours lors des législatives a été ternie par une abstention record, Abe a promis de poursuivre ses "Abenomics", réformes entreprises pour enrayer une déflation chronique et un endettement colossal, et d'adopter une position plus ferme en ce qui concerne la sécurité de l'archipel. Les membres du nouveau gouvernement, le troisième depuis le retour d'Abe aux affaires en 2012, devaient prêter serment dans la journée. Akinori Eto, ministre de la Défense sortant mis en cause dans une affaire de financement suspecte, sera remplacé par Gen Nakatani, dont la nomination répond aux inquiétudes suscitées par la Chine et la Corée du Nord. Nakatani, qui a déjà exercé ces fonctions, souhaite doter le Japon des capacités nécessaires pour mener des opérations militaires préventives. "Penser à ce qui se passerait si les Etats-Unis se retiraient doit nous amener à envisager (d'acquérir) les capacités de riposter, parce que nous ne pouvons rester les bras croisés à attendre la mort", a-t-il déclaré dans un entretien accordé il y quelques mois à Reuters. Pékin pourrait s'émouvoir de son retour à la tête de la Défense japonaise, d'autant que le Premier ministre a l'intention de faire adopter en 2015 un projet de loi ouvrant la voie à une réinterprétation de la constitution pacifiste adoptée après la Seconde guerre mondiale. Elle permettrait notamment à Tokyo de recourir à la force pour venir en aide à un pays allié et d'envoyer des troupes à l'étranger. Le Parti libéral démocrate (PLD) et le Komeito, son partenaire au sein de la coalition sortante, ont conservé leur "super-majorité" des deux tiers à la Chambre des représentants, à l'issue des législatives du 14 décembre. Le chef du gouvernement y a vu un plébiscite de sa politique d'assouplissement monétaire massif et d'augmentation de la dépense publique, malgré une abstention de 53,3%. (Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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