Le gouvernement à la recherche de nouvelles économies

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LE GOUVERNEMENT SE PENCHE SUR LA PROMOTION DES MÉDICAMENTS GÉNÉRIQUES
LE GOUVERNEMENT SE PENCHE SUR LA PROMOTION DES MÉDICAMENTS GÉNÉRIQUES

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a lancé mercredi de nouvelles évaluations des politiques publiques qui, ajoutées à celles en cours, devraient permettre des économies de cinq à sept milliards d'euros d'ici 2017 pour résorber les déficits.

Le Conseil interministériel pour la modernisation de l'action publique (Cimap) étudiera notamment la gestion des déchets ménagers, la promotion des médicaments génériques et la chirurgie ambulatoire au nombre des domaines qui seront passés au peigne fin dans le but affiché de préserver les finances de l'Etat tout en assurant un service public de qualité.

Selon le gouvernement, en partie réuni à Matignon, les décisions du Cimap permettront de dégager entre cinq et sept milliards d'économies sur la période de 2015-2017.

Les 12 nouvelles évaluations devraient dégager "de trois à quatre milliards d'économies à l'horizon 2017 et de manière pérenne", peut-on lire dans le dossier de presse fourni par les services du Premier ministre.

Ces nouvelles études s'ajoutent aux 49 déjà lancées qui contribuent à hauteur de trois milliards à la réduction du déficit de 2014.

Ce chantier s'inscrit dans la trajectoire financière du gouvernement, qui veut faire reposer la totalité des économies sur la réduction des dépenses publiques à partir de 2015, sans nouveau recours à l'impôt.

MONTÉE EN GAMME DES SERVICES PUBLICS

"Il n'y aura pas de baisse de la pression fiscale s'il n'y a pas d'économies en dépenses significatives", a résumé à sa sortie le ministre du Budget, Bernard Cazeneuve.

"Notre objectif c'est de faire 15 milliards d'économies en 2014 et au-delà et nous devons le faire avec discernement en faisant monter en gamme nos services publics et notre protection sociale", a-t-il ajouté.

Les ministres de l'Economie et du Budget doivent entendre dès janvier l'ensemble des ministres pour recueillir leurs propositions qui déboucheront sur des "lettres plafonds individualisées".

"Cela va nous permettre de rentrer dans une autre logique économique qui mettra de côté le 'rabot' pour favoriser les réformes structurelles, la montée en gamme des services publics et de la protection sociale", a expliqué Bernard Cazeneuve.

La ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, a rappelé pour sa part qu'une nécessaire rationalisation ne devait pas faire oublier que l'argent public était largement redistribué, à hauteur des deux tiers.

"Il faut simplifier, être efficace, mutualiser les services dans les collectivités territoriales, mais il faut aussi faire de la politique", a-t-elle dit.

Sur la douzaine de procédures lancées mercredi, l'une vise à réduire la facture de la gestion locale des déchets ménagers, qui représente huit milliards d'euros par an, et une autre la mutualisation des services entre collectivités territoriales.

"CHOC DE SIMPLIFICATION"

Dans un rapport paru en octobre, la Cour des comptes appelait ces dernières à freiner leurs dépenses de fonctionnement, en particulier pour les communes et intercommunalités, sans que soit remise en cause la qualité des services publics.

En matière de santé, une évaluation concerne la chirurgie ambulatoire, qui consiste à faire rentrer chez lui un patient le jour de son opération, en limitant son hospitalisation à moins de 12 heures sans hébergement de nuit.

Le recours aux médicaments génériques est aussi promu pour tendre vers un quart du total d'ici 2017.

Le gouvernement entend poursuivre la modernisation de l'achat public (deux milliards d'économies prévues sur la période 2013-2015 pour l'Etat et ses établissements publics) et celle des infrastructures informatiques de l'Etat (500 à 800 millions d'euros d'économies espérées d'ici 2017-2020).

Le "choc de simplification" voulu par le président de la République s'échelonne quant à lui jusqu'à l'été prochain.

Deux projets de loi destinés à simplifier la vie des entreprises doivent voir le jour d'ici le printemps.

Au 1er janvier 2014, plusieurs dispositions déjà votées entreront en vigueur telles que l'allongement de 10 à 15 ans de la durée de validité de la carte d'identité, la dématérialisation des timbres fiscaux ou la réduction de 1.800 à 45 du nombre des intitulés des diplômes de licence.

Le gouvernement se fixe aussi comme objectif de faire d'internet "le mode d'accès préféré des Français pour leurs contacts avec l'administration d'ici 2016".

Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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