Le gel salarial chez Renault ne concernera pas forcément Ghosn

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LE GEL DES SALAIRES ENVISAGÉ PAR RENAULT NE CONCERNERA PAS FORCÉMENT SON PDG CARLOS GHOSN
LE GEL DES SALAIRES ENVISAGÉ PAR RENAULT NE CONCERNERA PAS FORCÉMENT SON PDG CARLOS GHOSN

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Le gel des salaires envisagé par Renault cette année pour améliorer sa compétitivité concernera aussi les dirigeants du groupe, mais pas forcément le PDG Carlos Ghosn, dont la rémunération relève du conseil d'administration.

"Le gel des salaires qu'on a proposé pour 2013 sera valable pour tout le monde", a déclaré Gérard Leclercq, directeur des opérations France de Renault à des journalistes à l'issue d'une audition devant la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale.

"Les membres du comité exécutif, comme l'ensemble des salariés, auront zéro pour cent d'augmentation sur l'année 2013 sur la partie fixe et variable."

"En ce qui concerne le président Carlos Ghosn, sa rémunération est décidée en conseil d'administration, donc c'est quelque chose qui m'échappe totalement, c'est la décision souveraine du conseil d'administration", a-t-il ajouté.

L'accord de compétitivité que Renault négocie actuellement avec ses syndicats prévoit un gel des salaires en 2013 et une limitation des augmentations à +0,5% en 2014 et à +0,75% en 2015.

Dans le cadre des négociations, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, le ministre de l'Economie Pierre Moscovici et plusieurs syndicats ont appelé Carlos Ghosn à la modération salariale.

"L'Etat actionnaire aussi est attentif à la rémunération du premier dirigeant, M. Ghosn", a déclaré lundi Pierre Moscovici. "Quand une entreprise rencontre de telles difficultés, il faut en effet qu'il y ait cet effort de décence qui soit fait, et j'appelle à ce qu'il le soit."

Carlos Ghosn a touché sur l'exercice écoulé près de 13 millions d'euros - 9,92 millions chez Nissan et 2,79 millions chez Renault.

NOUVELLE BAISSE DU MARCHÉ EUROPÉEN EN JANVIER

Renault, dont l'Etat est le principal actionnaire avec 15% du capital, a poursuivi mardi les négociations pour rapprocher la compétitivité de ses usines françaises de celle de ses sites espagnols et économiser en année pleine environ 500 millions d'euros par an.

Le groupe espère conclure un accord d'ici le début février, faute de quoi il ne pourra s'engager à pérenniser tous ses sites dans l'Hexagone. Plusieurs syndicats y ont dénoncé une forme de chantage.

"Une signature d'accord début février, c'est possible", a dit Gérard Leclercq à Reuters en marge d'une audition devant la Commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale.

Il a précisé que son objectif n'était pas d'aboutir à un tel accord dès mardi prochain, date de reprise des discussions.

Renault s'est engagé à pérenniser ses sites français et à leur allouer des volumes de production supplémentaires en échange de concessions des salariés sur la mobilité, le temps de travail et les salaires.

Devant les députés présents, Gérard Leclercq a souligné que le marché européen avait connu en janvier un même rythme de contraction que sur le même mois de 2012, justifiant selon lui le plan de compétitivité proposé aux syndicats.

"Le début de l'année 2013 ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices", a-t-il dit. "La situation de l'Europe est donc très préoccupante."

Il a également pointé du doigt les surcapacités dont souffrent les sites Renault en France.

"A titre de comparaison, Nissan produit dans une seule usine (en Grande-Bretagne, ndlr) 480.000 voitures, nous à peine plus de 500.000 dans cinq sites industriels."

La CGT estime quant à elle que la direction demande aux syndicats de signer un chèque en blanc puisqu'elle ne détaille pas en totalité les fonctions qui ne font plus partie de son coeur de métier automobile en France, et donc susceptibles d'être externalisées, délocalisées ou supprimées.

"Renault ne dit pas concrètement quelles sont les activités qui relèveront de son coeur de métier", a déclaré au téléphone Fabien Gache, représentant CGT chez Renault. "Elle renvoie ces annonces aux CCE qui suivront la signature d'un accord."

Gérard Leclercq a dit qu'il souhaitait que ces comités centraux d'entreprise se tiennent dès le mois de mars prochain pour que l'accord puisse entrer en vigueur dans les meilleurs délais.

Edité par Matthieu Protard et Benoît Van Overstraeten

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