Le gaz nord-américain déjà convoité

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Commodesk - Avant même d'être disponibles sur le marché international, les productions gazières américaines et canadiennes sont très demandées.

Aujourd'hui, la législation américaine ne prévoit toujours pas la possibilité d'exporter du gaz, et le Canada n'a pas débuté ses ventes de GNL. Mais lorsque ces deux pays seront en mesure d'exporter, cela modifiera profondément le marché mondial du gaz.

Le terminal d'exportation de Sabine Pass, en Louisiane, entrera en fonction en 2015 et se situera aux côtés d'une usine de liquéfaction de gaz naturel. Ce projet n'est désormais plus le seul aux Etats-Unis, depuis que le département de l'Energie a autorisé celui de Corpus Christi Bay, au Texas, le 5 février dernier.

Législation inadéquate

La législation américaine ne permet cependant que des exportations vers les pays ayant signé un accord de libre échange avec Washington, c'est-à-dire le Canada et le Mexique. Mais le premier dispose de ses propres ressources, tandis que le second constitue un marché trop réduit pour les Etats-Unis.

Les entreprises qui construisent ces infrastructures souhaitent vendre la production sur les marchés asiatiques, où la demande en gaz croît rapidement. De plus, les prix pratiqués sur ce continent sont actuellement cinq à six fois plus élevés qu'aux Etats-Unis, où les cours ont chuté depuis l'émergence des ressources non conventionnelles.

Les parlementaires américains discutent actuellement de l'opportunité de modifier la législation. Mais deux lobbying particulièrement puissants, aux intérêts opposés, s'affrontent : d'un côté, celui des producteurs d'énergie, qui souhaitent s'ouvrir aux marchés étrangers dans le but de vendre leur production et de faire remonter les cours ; de l'autre celui des industriels, qui espèrent profiter le plus longtemps possible de l'énergie à bas prix.

La guerre des lobbyings

Les deux camps tentent d'imposer leur point de vue, en influençant l'opinion publique et les élus à coup d'études contradictoires relatives à l'impact de leurs industries sur l'emploi. Les uns annoncent une création de quatre à huit millions d'emplois dans la construction et la maintenance des infrastructures, tandis que les autres mettent en avant la relocalisation de certaines usines chimiques aux Etats-Unis, grâce à l'abondance des ressources bon marché.

Ces dernières semaines, plusieurs multinationales du secteur de l'énergie, anticipant une évolution de la loi en leur faveur, ont signé des accords pour acheter et exporter du gaz américain. C'est le cas de Shell puis de Tokyo Electric Power Company (TEPCO, par ailleurs opérateur de la centrale nucléaire de Fukushima), qui comptent précisément acheminer le gaz vers le Japon, un pays qui en a particulièrement besoin depuis que son parc nucléaire est quasiment à l'arrêt.

Le français Total a également signé fin décembre un accord avec Cheniere Energy, l'opérateur du futur terminal de Sabine Pass. Le contrat prévoit l'achat de gaz naturel liquéfié (GNL), mais ne précise pas à quels marchés il est destiné.

L'Asie attire le monde entier

Le Canada n'est pas en reste, puisqu'il vient d'autoriser la construction d'un projet d'exportation de gaz à Kitimat, en Colombie-Britannique (ouest). La licence est détenue par un consortium mené par l'anglo-néerlandais Shell. Les terminaux se trouveront sur la côte ouest, relativement proche des marchés asiatiques.

Les Etats-Unis et le Canada ne sont pas les seuls pays producteurs à se focaliser sur les marchés asiatiques. Le Qatar, pionnier de la construction d'infrastructures de GNL, exporte vers l'Asie depuis plusieurs années. L'Australie suit le mouvement, tandis que la Russie cherche à étendre son réseau de gazoducs. Ces deux derniers pays profitent de leur proximité géographique, qui constitue un avantage indéniable par rapport à l'Amérique du Nord.

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