Le Gabon sous "couvre-feu numérique"

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Le Gabon sous "couvre-feu numérique"
Le Gabon sous "couvre-feu numérique"

"Quinze jours que ça dure!": l'accès toujours très perturbé à l'internet exaspère de nombreux Gabonais, dans l'attente fébrile des résultats définitifs de l'élection présidentielle du 27 août qui a plongé le petit pays d'Afrique centrale dans une profonde crise politique.Une coupure totale de cinq jours avait suivi l'annonce de la réélection du président sortant Ali Bongo Ondimba d'une très courte avance sur son rival Jean Ping, qui revendique lui aussi la victoire et a saisi la Cour constitutionnelle. La connexion est désormais partiellement rétablie de 06h00 (05H00 GMT) à 18H00, avant d'être coupée de nouveau dès la nuit tombée. En revanche, les réseaux sociaux comme Twitter, Facebook ou WhatsApp restent inaccessibles."On a réussi à faire pire que le Congo et on nous parle de démocratie...", ironise Raoul, médecin généraliste à Libreville. Pendant la présidentielle de mars, Denis Sassou Nguesso, au pouvoir au Congo-Brazzaville voisin, avait, lui, coupé durant trois jours toutes les communications, téléphone inclus."La journée, le débit est tellement lent qu'on ne peut rien faire", enrage Steeve Ndong, directement touché en tant que gestionnaire de site pour une entreprise de téléphonie mobile, dont il gère le site internet. "Les statistiques de la page que j'alimente sont au rouge: je suis à 600 vues/jour, alors que d'habitude c'est entre 6.000 et 10.000 vues. On perd beaucoup d'argent!", assure-t-il.L'accès restreint à l'actualité ou aux discussions politiques enflammées pèsent sur la vie quotidienne des Gabonais, d'ordinaire très connectés, avec environ 60% d'utilisateurs d'internet dans le pays. "Pour savoir ce qui se passe, il faut attendre les journaux télévisés du soir sur les chaînes internationales", se plaint Marie, étudiante, qui essaie en vain d'ouvrir la messagerie WhatsApp de son téléphone portable.Certains, comme Laure, 23 ans, ont ...

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