Le G7 prêt à imposer de nouvelles sanctions à la Russie

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LE G7 D'ACCORD POUR INFLIGER DE NOUVELLES SANCTIONS À LA RUSSIE
LE G7 D'ACCORD POUR INFLIGER DE NOUVELLES SANCTIONS À LA RUSSIE

par Matt Spetalnick

SEOUL (Reuters) - Les dirigeants des sept pays les plus industrialisés (G7) se sont mis d'accord samedi sur le principe d'imposer rapidement de nouvelles sanctions à la Russie en raison de son rôle dans la crise en Ukraine, annoncent-ils dans un communiqué.

Les sanctions américaines pourraient être prises dès lundi, indiquent des sources au fait du dossier, précisant que parmi les personnalités visées, certaines appartiennent à l'entourage proche du président russe Vladimir Poutine.

Un haut responsable américain a fait savoir que les pays du G7 décideraient chacun séparément quelles sanctions ciblées ils entendent mettre en oeuvre. Bien que coordonnées, ces sanctions ne seront pas nécessairement identiques d'un pays à l'autre.

"Nous, les dirigeants du Canada, de la France, de l'Allemagne, de l'Italie, du Japon, du Royaume-Uni, des Etats-Unis, le président du Conseil européen et le président de la Commission européenne, nous unissons pour exprimer notre profonde inquiétude face aux efforts continus des séparatistes soutenus par la Russie pour déstabiliser l'est de l'Ukraine", est-il écrit dans le communiqué rendu public par la Maison blanche. "Nous sommes maintenant d'accord pour agir rapidement et imposer des sanctions supplémentaires à la Russie."

Lors d'un entretien téléphonique vendredi avec François Hollande, Angela Merkel, David Cameron et Matteo Renzi, Barack Obama a insisté sur la nécessité d'agir rapidement, a déclaré un proche conseiller du président américain, Ben Rhodes, aux journalistes présents à bord d'Air Force One pendant le vol emmenant l'hôte de la Maison Blanche de Corée du Sud en Malaisie dans le cadre de sa tournée asiatique.

"Il y a eu rapidement un accord sur la nécessité d'aller de l'avant avec une séquence d'initiatives", a dit Ben Rhodes.

"La séquence qui a été convenue au cours de l'entretien téléphonique d'hier entre les dirigeants est que le G7 allait exprimer son soutien à des sanctions ciblées contre la Russie. Les Etats-Unis et l'Union européenne agiraient ensuite chacun de leur côté."

Les Etats-Unis et l'UE ont déjà pris des sanctions distinctes contre des responsables russes en raison de la crise ukrainienne. Certains pays européens sont toutefois réticents à l'idée de prendre des mesures supplémentaires.

LA PORTE RESTE "OUVERTE"

"Compte tenu de l'urgence de s'assurer l'opportunité d'un vote démocratique réussi et pacifique le mois prochain lors de l'élection présidentielle, nous sommes déterminés à agir rapidement pour intensifier les sanctions ciblées et les mesures accroissant le coût des actes de la Russie", explique le G7.

Le communiqué ne fournit pas de liste des mesures qui sont envisagées mais il prévient: "nous continuons à nous préparer pour passer à des sanctions plus larges et coordonnées, y compris des mesures sectorielles si les circonstances l'exigeaient". Les dirigeants du G7 affirment cependant que "la porte demeure ouverte pour une résolution diplomatique à cette crise", et appellent, sur la base de l'accord de Genève conclu le 17 avril, la Russie à s'engager dans cette voie.

Le G7 reproche à la Russie d'être revenue sur sa promesse d'utiliser son influence auprès des séparatistes pro-russes dans l'est de l'Ukraine pour les désarmer et les convaincre d'évacuer les bâtiments qu'ils occupent. "La Russie n'a pris aucune mesure concrète pour soutenir l'accord de Genève", juge le G7 dans son communiqué. "Au lieu de cela, elle a continué à alimenter les tensions par une rhétorique de plus en plus inquiétante et en menant actuellement des manoeuvres militaires à la frontière de l'Ukraine."

Pour Ben Rhodes, "chacun comprend que si les troupes russes à la frontière envahissent l'Ukraine, alors des sanctions sectorielles constitueront une riposte. Nous avons besoin d'un éventail de sanctions que nous pouvons imposer."

Le conseiller de Barack Obama a précisé que des sanctions étaient possibles contre des individus ou des entreprises particulièrement influents dans certains pans de l'économie russe, notamment l'énergie et la banque.

"Quand vous commencez à vous en prendre aux copains, à ces individus qui contrôlent une large part de l'économie russe, vous provoquez un impact économique plus large que des sanctions contre de simples individus", a souligné Ben Rhodes.

"Nous avons conscience qu'il y a un malaise face aux conséquences économiques de sanctions accrues contre une grande économie comme la Russie. Notre réponse est que les conséquences à long terme de laisser la Russie s'engager dans ce type de déstabilisation comporteront leurs propres coûts économiques."

(Pierre Sérisier et Bertrand Boucey pour le service français)

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