Le G20 prône la prudence sur les taux mais épargne la Fed

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par Gernot Heller et David Dolan ANKARA, 4 septembre (Reuters) - Les politiques monétaires accommodantes ne mèneront pas à une croissance économique équilibrée et les taux d'intérêts vont devoir remonter à mesure que l'activité reprend, ont estimé samedi les Etats membres du G20 réunis à Ankara. Ils sont convenus de se focaliser sur les moyens de stimuler la croissance, a déclaré à Reuters le ministre britannique des Finances, George Osborne. "Je pense que nous sommes tous d'accord sur le fait qu'en parallèle de la politique monétaire très accommodante, de véritables réformes structurelles sont nécessaires", a-t-il dit. Les représentants de certains pays émergents souhaitaient que le communiqué publié à l'issue de la réunion des ministres des Finances et des banquiers centraux du G20 indique qu'une hausse des taux de la banque centrale américaine dans le contexte actuel représenterait un risque pour la croissance, mais ce point n'y figure pas. De nombreux pays émergents craignent que le resserrement imminent de la politique monétaire de la Fed ne donne lieu à des fuites des capitaux au profit d'actifs libellés en dollars, ce qui affaiblirait leur propre monnaie et créerait de nouvelles turbulences financières. "Nous notons qu'avec l'amélioration des perspectives économiques, la probabilité d'un resserrement de la politique monétaire augmente dans certaines économies avancées", peut-on lire dans le communiqué final. "PROMOUVOIR LA TRANSPARENCE" "Nous définirons (notre politique) avec précaution et communiquerons clairement sur nos actions afin de limiter les effets indésirables, d'atténuer les incertitudes et de promouvoir la transparence", soulignent les auteurs. Ils saluent le renforcement de l'activité dans certaines économies, tout en relevant que la croissance mondiale s'avère inférieure aux attentes. S'ils ne citent pas explicitement la Fed, le texte évoque indirectement la dépréciation du yuan le mois dernier par la Chine, signe que cette mesure n'a pas été perçue comme une dévaluation compétitive destinée à soutenir les exportations chinoises. ID:nL5N10M1SK "Nous réaffirmons notre engagement à aller vers des systèmes de change davantage déterminés par le marché et une flexibilité des taux de change reflétant les caractéristiques intrinsèques (de nos économies) et à éviter les déséquilibres persistants des taux de change. Nous nous abstiendrons d'effectuer des dévaluations compétitives et écarterons toute forme de protectionnisme", peut-on y lire. Le Fonds monétaire international (FMI) a averti avant la réunion d'Ankara que le ralentissement de la croissance chinoise et la volatilité des marchés constituaient des risques pour la croissance mondiale, avec des conséquences potentielles aussi bien pour les devises des pays émergents que pour les cours des matières premières. ID:nL5N119018 Mais les observateurs ne s'attendaient pas à voir les ministres des Finances et les banquiers centraux du G20 adopter des mesures concrètes, ni à ce qu'ils appellent spécifiquement la Chine à s'attaquer à ses faiblesses structurelles, comme la montée des créances douteuses. (avec Randall Palmer et Nick Tattersall; Patrick Vignal, Myriam Rivet et Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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