Le FSI attend des résultats 2011 "significativement positifs"

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par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - Le Fonds stratégique d'investissement (FSI) attend des résultats 2011 "significativement" positifs, a déclaré mardi son directeur général lors d'une rencontre avec la presse.

A environ un mois de la présentation officielle des comptes 2011, Jean-Yves Gilet a fait le point sur les grands dossiers d'actualité de ce fonds souverain voulu par le président Nicolas Sarkozy pour investir dans l'industrie et les technologies d'avenir.

Le FSI est actuellement en négociations exclusives avec Areva pour reprendre sa participation de 26% dans le groupe minier Eramet.

Jean-Yves Gilet a expliqué que son institution voulait parvenir à un pacte d'actionnaires avec la famille Duval qui détient environ 37% d'Eramet. La cession des parts d'Areva aura pour conséquence d'annuler les droits de vote doubles attachés à ses actions et le FSI souhaite obtenir des garanties sur la gouvernance d'Eramet.

Le directeur du FSI a dit vouloir parvenir "très vite, d'ici quelques semaines" à un accord.

Le prix de la transaction n'a pas encore été rendu public. Mais à l'époque de son annonce, Eramet, spécialiste français du manganèse et du nickel, affichait une capitalisation boursière avoisinant 2,5 milliards d'euros, ce qui valorisait les 26% d'Areva à environ 650 millions. L'action Eramet a cependant bondi de 35% depuis le début de l'année.

MÉDIATION SÉCHÉ-SAUR

Jean-Yves Gilet a également fait un point sur le dossier de la Saur, troisième acteur français du traitement de l'eau dont Séché Environnement souhaite prendre le contrôle.

Ce projet s'est cependant heurté à la fois au FSI, à la direction de la Saur et à ses syndicats, ainsi qu'à certaines banques créditrices de la Saur.

Depuis, un médiateur a été nommé afin de réconcilier les différentes parties sur un rapprochement des deux groupes.

"On espère avoir la compréhension d'une solution à la fin du premier trimestre", a commenté Jean-Yves Gilet.

Le capital de la Saur est actuellement détenu par un consortium d'actionnaires composé du FSI (38%), de Séché (33%), d'Axa Private Equity (17%) et de Cube (12%), un fonds d'infrastructures géré par la banque française Natixis.

Un changement de contrôle pourrait déclencher la renégociation d'une dette de plusieurs milliards d'euros qui obère les perspectives du groupe.

FONDS DE FILIÈRES INDUSTRIELLES

Jean-Yves Gilet a confirmé que le FSI était intéressé par le projet du constructeur aéronautique Geci International, qui souhaite lancer le Skylander, un bi-turbopropulseur économique capable de desservir des régions difficiles d'accès.

"Nous étudions activement le dossier", a-t-il dit, refusant cependant d'en dire plus sur la probabilité d'un investissement du FSI dans ce nouvel avion.

Le directeur général du FSI a également indiqué vouloir aboutir d'ici quelques semaines à la création de nouveaux fonds d'investissement pour structurer les filières industrielles françaises comme pour le nucléaire ou la santé.

Ces fonds, dont le montant devrait se situer entre 80 et 200 millions d'euros, ont la même vocation que le Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA) lancé en 2009 en pleine crise pour soutenir le secteur.

Le président Nicolas Sarkozy avait annoncé en novembre leur création et appelé le FSI à s'investir davantage dans les régions.

"Nous avons décentralisé le FSI", a commenté mardi Jean-Yves Gilet, rappelant que son institution avait lancé FSI Région et lancé une campagne de communication dans la presse régionale.

Edité par Dominique Rodriguez

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