Le Front national sûr de lui à Hénin-Beaumont

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LE FN SÛR DE LUI À HÉNIN-BEAUMONT
LE FN SÛR DE LUI À HÉNIN-BEAUMONT

par Pierre Savary

HENIN-BEAUMONT Pas-de-Calais (Reuters) - La ville d'Hénin-Beaumont, terre d'adoption de Marine Le Pen, est l'une des cibles prioritaires du Front national, qui veut faire de cette ville du Pas-de-Calais une "vitrine" de sa crédibilité.

"Cette fois c'est la bonne", veut croire Steeve Briois, tête de liste FN pour les élections municipales des 23 et 30 mars.

"Je sens que maintenant les Héninois veulent mettre un terme à ces années de gestion socialiste, ces années de magouilles et d'affaires, ils sont prêts à tourner la page et moi à gérer la mairie", ajoute-t-il, tout en goûtant les encouragements sur le marché ensoleillé de la cité de l'ex-bassin minier.

Agé de 41 ans, l'enfant du pays, nommé en 2011 secrétaire général du FN, laboure le paysage politique local depuis vingt ans.

Après un premier échec du FN aux municipales de 2001, Steeve Briois s'était qualifié pour le second tour en 2008 à l'occasion d'une triangulaire avec deux listes de gauche où il avait recueilli 28,83% des voix avec Marine Le Pen en colistière.

Après la révocation du maire socialiste Gérard Dalongeville - il sera condamné en 2013 pour détournement de fonds publics, notamment -, Steeve Briois avait obtenu le score historique de 47,62% au second tour de la municipale partielle de 2009. Les dernières élections cantonales et législatives ont aussi été pour le FN de courtes défaites "au petit goût de victoire".

Un socle électoral solide, la notoriété locale de Steeve Briois et le morcellement de l'opposition sont des atouts certains pour le FN dans sa nouvelle tentative.

Le parti de Marine Le Pen joue sur du velours dans une ville de 27.000 habitants où 23% des foyers vivent du RSA, 60% sont non imposables et où le taux de chômage avoisine les 18%.

LA GAUCHE DIVISÉE

Marquée par la crise, Hénin-Beaumont l'a aussi été par la condamnation à trois ans de prison ferme de Gérard Dalongeville. L'ancien élu a fait appel et se présente à ce scrutin, sans étiquette, en jouant sur son charisme, ses réseaux, et en espérant que les électeurs auront la mémoire courte.

"Je vais arriver au second tour", assure l'auteur de "Rose mafia" et "Pen perdue".

Les listes ayant franchi la barre des 10% au premier tour des municipales peuvent participer au second.

Le principal opposant du FN est le maire sortant, Eugène Binaisse, divers gauche propulsé à la tête de la municipalité en mai 2010 à la suite d'un accident de santé de Daniel Duquenne qui avait battu Steeve Briois en 2009.

Le maire sortant a rétabli les comptes de la commune, obtenu le satisfecit de la Chambre régionale des comptes et espère que son sérieux sera plébiscité par les Héninois.

"Nous avons fait le travail, remis les choses dans le bon ordre, maintenant on va pouvoir développer la ville et baisser les impôts", explique le maire sortant.

Le Front de gauche, que Jean-Luc Mélenchon avait représenté lors des dernières législatives face à Marine Le Pen, n'a pas résisté à la campagne municipale : son chef de file, le communiste David Noël, a rejoint la liste du maire sortant.

La gauche ne part pas pour autant unie, l'ex-premier adjoint d'Eugène Binaisse, Georges Bouquillon, ayant notamment décidé de mener sa propre liste.

L'UMP, en terre de mission, est représentée par Jean-Marc Legrand et soutenue par l'UDI. Le candidat envisage "entre 12 et 15%" des suffrages.

(Edité par Sophie Louet)

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