Le Front national reste attaché à la sortie de l'euro

le , mis à jour à 21:02
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 (Actualisé avec déclarations de Nicolas Bay) 
    PARIS, 7 février (Reuters) - Le Front national a réaffirmé 
dimanche les grands axes de sa politique, en particulier son 
attachement à la souveraineté nationale et à la sortie de 
l'euro, à l'issue d'un séminaire ayant réuni ce week-end une 
soixantaine de responsables et d'alliés du Front national.   
    Cette réunion organisée par Marine Le Pen pour trouver le 
moyen de briser le "plafond de verre" du second tour en vue de 
2017 s'est déroulée dans un country club à Etiolles (Essonne).   
  
    "Les grandes valeurs et les grands axes de notre projet 
politique ont été réaffirmés, parmi lesquels la souveraineté 
nationale et la souveraineté économique et monétaire, conditions 
sine qua non du redressement de notre pays", peut-on lire dans 
un communiqué diffusé par le parti au terme du rassemblement.  
    Le FN est "rassemblé, uni derrière Marine Le Pen, il est 
cohérent" même "s'il y a bien sûr des parcours, des sensibilités 
qui peuvent s'exprimer", a déclaré Nicolas Bay, eurodéputé et 
secrétaire général du parti, dimanche soir sur iTELE.          
    Plusieurs participants, comme le maire de Béziers Robert 
Ménard, qui n'est pas membre du parti, ou encore le député 
Gilbert Collard, du Rassemblement Bleu Marine, avaient plaidé 
pour l'abandon de la sortie de l'euro, une perspective qui 
rebute l'électorat âgé, celui qui fait le plus défaut au FN. 
    Mais la position du Front national n'a pas changé sur ce 
point et il défend toujours "une sortie concertée" de l'euro, a 
confirmé Nicolas Bay.      
    "Il faut retrouver une monnaie qui soit un outil au service 
de notre économie alors qu'on voit bien qu'aujourd'hui on a une 
économie qui court derrière une monnaie unique qui est un 
système totalement inadapté", a-t-il dit.      
    Dans l'optique des prochaines échéances électorales, le FN 
souhaite par ailleurs davantage mettre l'accent sur d'autres 
aspects de son programme qu'il juge "trop méconnus", comme le 
soutien aux TPE-PME, la justice fiscale et les questions de 
santé publique, peut-on lire dans le communiqué du parti. 
    Le Front national compte également élargir ses positions à 
"de nouvelles thématiques essentielles pour l'avenir: 
l'innovation et l'industrie du futur, l'écologie et le 
patriotisme alimentaire", est-il précisé dans ce document. 
    Marine Le Pen fera la synthèse de la réflexion et décidera 
"des axes de travail qui devraient être déclinés au fil des 
semaines", avait précisé dans la journée un responsable du FN.   
    La dirigeante du FN pourrait livrer de nouvelles pistes lors 
de son intervention prévue lundi soir sur TF1. 
    "Très constructif, très productif", avait écrit samedi 
Florian Philippot, le numéro deux du parti, sur Twitter, a 
propos de ce séminaire intitulé "vers l'arrivée au pouvoir". 
     
    UNE IMAGE ÉRODÉE 
    Après l'échec du Front national à gagner des départements ou 
des régions en 2015, les cadres du Front national se sont 
efforcés de déterminer comment transformer au second tour les 
victoires du premier, en particulier à la présidentielle de 
2017. 
    Un sondage TNS Sofres pour Le Monde, France Info et Canal+ 
diffusé vendredi a sûrement alimenté la réflexion des cadres 
frontistes, car il montre une détérioration de l'image du parti 
depuis 2015, en dépit de son score élevé du premier tour des 
régionales.  
    Cinquante-six pour cent des Français (+2 points par rapport 
à février 2015) considèrent que le FN représente "un danger pour 
la démocratie", un niveau de défiance inédit depuis l'accession 
de Marine Le Pen à la présidence du parti (2011), selon 
l'institut.  
    En outre, l'image de Marine Le Pen se détériore : seuls 28% 
des Français (-6 points) jugent que la dirigeante d'extrême 
droite est "honnête" et "inspire confiance", contre 62% (+5 
points) qui pensent le contraire. 
    "Un coup d'arrêt semble porté au phénomène de 
'dédiabolisation' du FN", malgré des scores électoraux en 
hausse, relève TNS Sofres.    
    Tous les dirigeants considèrent que le parti souffre encore 
d'une forte diabolisation, certains attribuant l'échec du second 
tour des régionales aux propos du Premier ministre Manuel Valls 
évoquant une "guerre civile" en cas de victoire frontiste. 
     Pour "rassurer", le FN a d'ores et déjà trouvé un nouveau 
slogan, "La France apaisée", figurant sur les nouvelles affiches 
du parti avec le visage de Marine Le Pen sur fond champêtre. 
 
 (Gérard Bon et Sybille de La Hamaide, édité par Myriam Rivet) 
 
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  • charleco le lundi 8 fév 2016 à 09:25

    Ce n'était pas ...

  • charleco le lundi 8 fév 2016 à 09:25

    Ce n'était l'avis de Philipot. Il y a de la cacophonie au FN.

  • pierry5 le lundi 8 fév 2016 à 01:16

    L'Euro a déjà dévalué, la sortie de l'Euro de la France ne créerait pas de dévaluation par rapport à de nombreux pays tels l'Italie, Espagne, Portugal... et au contraire la nouvelle monnaie serait réévaluée par rapport à d'autres pays comme la Grèce etc. Par contre elle dévaluerait par rapport à la monnaie allemande ce qui permettrait de transférer une partie des énormes excédents budgétaires de ce pays sur d'autres pays.

  • M2931816 le dimanche 7 fév 2016 à 23:50

    Nous voilà rassurés;le plafond de verre ne sera pas brisé.La sortie de l'euro serait tellement catastrophique pour la FRANCE que le FN s'auto-censure avec cette mesure.

  • SuRaCtA le dimanche 7 fév 2016 à 22:35

    Sortie de l'euro => environ 30% de dévaluation et donc environ 25% d’accroissement de la dette et défiance mondiale envers la France => Renchérissement de la dette => Étranglement du pays comme l'Argentine ou la Grèce => Il faudra sacrifier au moins une génération pour que pays relève la tête... Hollande ou Sarkozy sont incapable de résoudre les problèmes français, mais Le Pen ne ferraient qu'en créer de nouveaux...

  • brinon1 le dimanche 7 fév 2016 à 22:13

    l'honnêteté intellectuelle de le dire et le maintenir, et d'en assumer pleinement les conséquences électorales. Ceci n'empêchera pas d'avoir un groupe parlementaire en juin 2017.