Le Front national en examen dans l'enquête sur son financement

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* Le FN parle d'"acharnement" de la justice * Philippot estime que le dossier est vide (Actualisé avec réactions) PARIS, 9 septembre (Reuters) - Le Front national a été mis en examen mercredi comme personne morale dans l'enquête sur le financement de ses campagnes électorales de 2012, a annoncé le trésorier du parti, Wallerand de Saint-Just, à l'issue de son audition par les juges. Le parti est mis en examen pour complicité d'escroquerie et recel d'abus de biens sociaux, conformément aux réquisitions du parquet, a précisé à Reuters une source judiciaire. Dénonçant une mise en examen "scandaleuse" et une "espèce de mascarade" à l'approche des élections régionales de décembre, Wallerand de Saint-Just a déclaré à la presse qu'il serait entendu le 21 septembre par la justice comme personne physique, après l'avoir été mercredi comme représentant du FN. Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire en avril 2014 pour escroquerie, abus de bien social, complicité et recel de ces délits visant le financement des campagnes électorales du Front national. L'enquête porte sur les liens financiers entre le microparti Jeanne de la présidente du Front national Marine Le Pen et la société Riwal, qui s'occupe du matériel de campagne du FN. Les juges cherchent à savoir si le FN et "Jeanne" n'ont pas profité de facilités de paiement offertes par la société Riwal dans le cadre de campagnes électorales. Sur demande des magistrats instructeurs, l'enquête avait été élargie en mars dernier à des faits de financement illégal de partis politiques par une personne morale et d'acceptation par un parti d'un financement provenant d'une personne morale. Mais le délit d'acceptation n'est plus réprimé, ce que Wallerand de Saint-Just a fait remarquer aux enquêteurs en juin, lors de son audition en tant que personne physique. LE DOSSIER EST D'UN VIDE INTÉGRAL, DIT PHILIPPOT A l'issue de cette audition, où il était convoqué notamment pour répondre de ce grief, il a finalement été placé sous le statut de témoin assisté. Wallerand de Saint-Just conteste avec force que la vente aux candidats du parti d'extrême droite d'un kit de campagne et l'octroi de prêts aux candidats FN puisse constituer un délit. "Il n'y a rien qui permette de dire que le Front national s'est rendu coupable d'un recel d'abus de biens sociaux et d'une complicité d'escroquerie", a-t-il dit à la presse. Trois personnes morales et six personnes physiques ont été mises en examen dans ce dossier : le FN, "Jeanne", la société Riwal, son patron Frédéric Chatillon, sa concubine, le premier vice-président du FN et secrétaire général de "Jeanne", Jean-François Jalkh, le commissaire aux comptes du FN Nicolas Crochet, l'ex-trésorier de "Jeanne", Olivier Duguet, et son successeur Axel Loustau. Florian Philippot, le vice-président du FN, a estimé que cette mise en examen marquait une volonté d'"essayer de salir politiquement et médiatiquement le Front national à quelques mois des élections régionales". "Ce dossier est d'un vide intégral, d'un néant absolu. On est vraiment dans l'acharnement politico-judiciaire", a-t-il dit sur iTELE. Wallerand de Saint-Just, qui conduira la liste FN en Ile-de-France, a estimé que cette mise en examen n'aurait aucune incidence électorale. "Je pense que les électeurs vont constater facilement l'acharnement dont le procureur de la République de Paris fait preuve à notre égard, et notre combativité", a-t-il déclaré. "Ils constateront que nous sommes innocents au fond de toutes les accusations portées contre nous", a-t-il ajouté. (Chine Labbé et Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

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  • M4484897 le jeudi 10 sept 2015 à 09:41

    Encore beaucoup de bruit pour rien, une affaire déjà jugée sur un texte socialiste incomplet définissant un "délit" mais pas de sanction alors on requalifie et on s'acharne pour éliminer la concurrence et c'est la même chose pour Sark et cie