Le Front de gauche veut repartir de l'avant

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LE FRONT DE GAUCHE PRÉPARE SA STRATÉGIE POUR LES MUNICIPALES
LE FRONT DE GAUCHE PRÉPARE SA STRATÉGIE POUR LES MUNICIPALES

par Gérard Bon

LA COURNEUVE (Seine-Saint-Denis) (Reuters) - Les partenaires du Front de gauche se sont efforcés ce week-end, à la Fête de l'Humanité, d'apaiser leur discorde sur les alliances avec le Parti socialiste pour les élections municipales de 2014 et de repartir de l'avant pour imposer une "vraie politique de gauche".

Le co-président du Parti de gauche (PG), Jean-Luc Mélenchon, rêve de créer une alternative au PS en enrôlant les écologistes et prône des listes autonomes au premier tour.

Mais le Parti communiste est tiraillé entre les pressions de l'ex-candidat à la présidentielle et sa tradition historique d'union locale avec le PS, qui lui permet de conserver son réseau d'élus.

Les chefs de file du Front de gauche minimisent tous les divergences en soulignant que les militants communistes trancheront en définitive au cas par cas lors de votes dans toutes les villes concernées, à la mi-octobre.

Officiellement, la brouille publique entre Pierre Laurent, "patron" du PCF, et Jean-Luc Mélenchon est donc de l'histoire ancienne et l'unité se reformera pleinement lors des élections européennes, enjeu majeur pour la gauche de la gauche.

"C'était au mois d'août, c'est du passé. Il y a eu des explications, il y en aura d'autres. On continue d'aller de l'avant", dit à Reuters Martine Billard, co-présidente du PG.

Elle insiste sur le fait que les composantes du Front de gauche continueront "main dans la main" aux élections européennes.

"Nos concitoyens savent que les politiques imposées depuis l'Europe sont des politiques d'austérité. Donc c'est une élection qui va mobiliser et nous allons toute faire pour mobiliser", ajoute-t-elle.

Pierre Laurent reconnaît un "débat" sur la stratégie mais rappelle qu'il y aura "dans chaque situation locale, en ce qui concerne le PCF, un vote démocratique qui sera respecté".

"De toute façon, il n'est pas question pour nous de mettre de l'eau dans notre vin sur la critique que nous avons à faire sur la politique du gouvernement", a-t-il dit à des journalistes. "Les électeurs socialistes eux-mêmes ne se reconnaissent pas dans cette politique gouvernementale."

"TIREUR DANS LE DOS"

Le différent entre Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent lors des Journées d'été du Front de gauche, en Isère, n'a cependant pas contribué à donner une image d'unité, alors que la coalition ne semble pas tirer profit dans les sondages du désenchantement d'une partie de la gauche envers l'exécutif socialiste.

Le ton était monté entre les deux leaders après les critiques formulées par le dirigeant du PCF à l'égard de l'attitude trop agressive, selon lui, de Jean-Luc Mélenchon envers le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, accusé de s'aligner sur le Front national.

Accusant le dirigeant communiste de se mettre au "garde à vous" devant le Premier secrétaire du PS, Harlem Désir, Jean-Luc Mélenchon avait lancé qu'on "ne gagne rien au rôle de tireur dans le dos".

Le député européen fait valoir que la direction du PCF répète depuis des mois que François Hollande ne mène pas "la bonne politique" et les députés et les sénateurs communistes manifestent régulièrement leurs désaccords avec le gouvernement Ayrault. Il serait donc logique que cette analyse trouve son prolongement aux municipales.

Mais le PCF dépend du PS pour conserver un réseau qui en fait encore la troisième force du pays en nombre d'élus et qui assure ses finances.

Même s'il ne dirige plus qu'une seule ville de plus de 100.000 habitants - Saint-Denis, 106.927 -, le Parti communiste et ses apparentés administrent encore 806 communes et disposent d'environs 10.000 élus locaux, souvent au sein de municipalités dont le maire est socialiste.

La base du parti est toutefois divisée sur la stratégie à adopter.

À Paris, où le PCF a quasiment toujours fait liste commune avec le PS dès le premier tour, les militants devront cette fois trancher lors d'un vote à la mi-octobre. A Marseille, une liste Front de gauche dès le premier tour se profile.

À Pau, Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, entend conduire une liste autonome du Front de gauche.

Pour justifier ce choix, il invoque le fait que la députée-maire PS ne se représente pas et évoque des "désaccords sérieux" sur le service public local ainsi que la "dynamique Front de gauche à la présidentielle et aux législatives".

"Je pense que la gauche fera plus de voix au premier tour dans cette configuration", a-t-il dit à Reuters.

édité par Emmanuel Jarry et Henri-Pierre André

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  • M2614138 le dimanche 15 sept 2013 à 16:45

    On devrait donner l audience en fonction du pourcentage du nombre de votants . La démocratie c est çà ! Et on n entendrai pas souvent les discours haineux de mechonlan