Le Front de gauche se bat seul contre le texte emploi

le
4
À L'ASSEMBLÉE, LE FRONT DE GAUCHE SE BAT SEUL CONTRE LE TEXTE SUR L'EMPLOI
À L'ASSEMBLÉE, LE FRONT DE GAUCHE SE BAT SEUL CONTRE LE TEXTE SUR L'EMPLOI

PARIS (Reuters) - Le Front de gauche se bat seul contre le projet de loi sur la sécurisation de l'emploi, dont les députés français ont poursuivi jeudi l'examen dans l'indifférence générale, tous les projecteurs étant braqués sur l'affaire Cahuzac.

Ce projet de loi, qui prévoit notamment que les entreprises puissent négocier des baisses de salaires en échange d'un maintien des effectifs, transpose l'accord national interprofessionnel (ANI) conclu le 11 janvier entre le patronat et trois syndicats, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGE, la CGT et Force Ouvrière refusant de le signer.

Le communiste André Chassaigne, président du groupe Front de gauche, redoute que l'affaire Jérôme Cahuzac, qui a avoué détenir depuis 20 ans un compte à l'étranger, provoquant un séisme politique, "fasse oublier l'ANI, une des pires régressions de notre histoire sociale".

"Les graves affaires qui se succèdent depuis mardi, qui mettent en cause les pratiques d'une oligarchie coupée des réalités sociales, laissent dans l'ombre un événement tout aussi scandaleux", affirme l'élu PC dans un communiqué.

Pour André Chassaigne, ce texte est "écrit à l'encre du Medef", le patronat français.

"Les Français doivent être informés des régressions qui se trament dans ce texte avec l'aval du gouvernement, de la majorité, de la droite et du Medef", ajoute le "patron" des députés Front de gauche en soulignant que ses troupes "se battent pied à pied contre ce casse du siècle".

UN "GRAND MOMENT", SELON SAPIN

Aussi son groupe a-t-il décidé de défendre un par un ses quelque 5.000 amendements, dont il restait 4.000 à examiner jeudi après-midi, de demander des scrutins sur chacun d'eux, de demander des suspensions de séance, afin de retarder les débats.

Le ministre du Travail, Michel Sapin, défend lui aussi pied à pied son projet "l'un des textes qui laissent leur empreinte dans une législature".

"Ce texte est dans la ligne de ces grands moments qui ont marqué de grands progrès", a ajouté le ministre, qui peut compter sur l'appui de la totalité des socialistes -les récalcitrants étant rentrés dans le rang-, des écologistes et des radicaux de gauche.

L'opposition hésite encore entre une abstention et un vote négatif. Il n'est pas exclu que plusieurs élus de l'opposition, notamment des centristes, votent en faveur du texte.

Commencé mardi, l'examen du projet de loi doit se poursuivre tout le week-end et lundi, l'Assemblée devant se prononcer mardi prochain par un vote solennel sur l'ensemble du texte.

Le Sénat examinera à son tour ce projet de loi à partir du 17 avril.

Le gouvernement ayant décidé d'utiliser la procédure accélérée, une commission mixte paritaire (CMP) Assemblée-Sénat sera ensuite convoquée afin de mettre au point un texte commun aux deux assemblées, l'objectif de l'exécutif étant de voir s'appliquer cet accord dès la mi-mai.

Emile Picy, édité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M601364 le jeudi 4 avr 2013 à 20:03

    toujours les mêmes qui se serrent la ceinture ignoble ?????

  • baljo le jeudi 4 avr 2013 à 19:46

    La droite n'a pas grand chose à proposer et ça ce voit en ce moment d'intense gesticulation!

  • baljo le jeudi 4 avr 2013 à 19:46

    La droite n'a pas grand chose à proposer et ça ce voit en ce moment d'intense gesticulation!

  • patr.fav le jeudi 4 avr 2013 à 18:41

    normal droite et gauche même parti et pour l'europe!!!!