Le Front al Nosra lance une attaque à Idlib en Syrie

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(Actualisé avec OSDH) BEYROUTH, 27 octobre (Reuters) - Les combattants du Front al Nosra se sont emparés lundi du siège du gouvernorat d'Idlib, ville du nord-ouest de la Syrie contrôlée depuis plus d'un an par les forces de Bachar al Assad, ont annoncé les deux camps. La télévision d'Etat rapporte que les hommes du Front al Nosra ont infiltré Idlib à l'aube avant d'affronter l'armée syrienne et des miliciens pro-gouvernementaux. Le Front al Nosra, branche syrienne d'Al Qaïda, affirme pour sa part avoir tué des dizaines d'ennemis, dont des officiers, dans cette attaque. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui rend compte de l'évolution du conflit à l'aide d'un réseau d'informateurs sur le terrain, les insurgés ont ensuite été repoussés du siège du gouvernorat et d'un poste de police. En 2012, d'autres groupes rebelles, parmi lesquels l'Armée syrienne libre (ASL) soutenue par les pays occidentaux, s'étaient brièvement emparés de certains quartiers d'Idlib avant d'en être délogés par les forces gouvernementales. Confronté à une mosaïque de groupes rebelles, en particulier les djihadistes de l'Etat islamique, le régime de Bachar al Assad a perdu le contrôle d'une grande partie du nord et de l'est de la Syrie mais il est parvenu à maintenir son emprise sur la partie la plus densément peuplée du pays, qui s'étire de Deraa et Damas, dans le sud-ouest, à Alep, dans le nord, et vers le littoral méditerranéen. Au cours des trois derniers mois, le Front al Nosra a toutefois gagné du terrain dans ces régions, notamment dans les provinces méridionales de Deraa et Kouneïtra et désormais dans la province d'Idlib. Au sujet des combats de lundi, le Front al Nosra écrit sur les réseaux sociaux qu'il est parvenu à couper les voies d'approvisionnement vers Idlib, qu'il s'est emparé du siège du gouvernorat et de deux chars et qu'il a capturé 12 soldats. Le soulèvement contre Bachar al Assad en 2011 s'est progressivement transformé en un conflit avec de multiples belligérants aux aspirations différentes. Hostiles à Bachar al Assad, les Etats-Unis et leurs alliés bombardent ainsi depuis septembre les positions de l'Etat islamique, groupe qui combat lui-même aussi bien les forces gouvernementales que le Front al Nosra, les Kurdes syriens ou encore des tribus sunnites. D'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui rend compte de l'évolution du conflit à l'aide d'un réseau d'informateurs sur le terrain, l'armée syrienne a effectué au cours de la semaine écoulée 600 bombardements aériens, notamment à l'aide de barils d'explosifs lâchés par des hélicoptères. Ces bombardements ont tué environ 180 civils, dont plus de 50 enfants, selon l'OSDH. (Oliver Holmes; Bertrand Boucey et Agathe Machecourt pour le service français)

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