Le froid met le système électrique sous pression

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Un nouveau pic de consommation devrait être atteint jeudi soir. EDF mobilise tous ses moyens de production pour faire face à la chute des températures.

La France qui grelotte voit son système électrique sous pression. Jeudi soir, un nouveau pic de consommation devrait être établi - à hauteur de 94.200 mégawatts (MW) - selon les prévisions de Réseau de transport d'électricité (RTE), la filiale d'EDF en charge des lignes haute et très haute tension.

Le précédent niveau historique, à 93.080 MW, remontait au 11 février dernier. Cette fois, l'hiver survient plus tôt que prévu. «Une baisse de 1°C entraîne une augmentation de la consommation d'électricité d'environ 2300 MW, soit l'équivalent du double de la consommation de la ville de Marseille», rappelle RTE. Or les températures actuelles se situent une dizaine de degrés sous les normales saisonnières.

Toute la France n'est pas logée à la même enseigne. Mercredi, le réseau de transport a déclenché «l'alerte rouge» pour la Bretagne - structurellement déficitaire en moyens de production. Ce signal, réexaminé quotidiennement, signifie un risque important de coupures de courant. Les habitants du Grand Ouest sont invités à maîtriser leur consommation, «notamment au moment des pointes, entre 17 heures et 20 heures». Dans ce contexte, RTE en profite pour marteler quelques gestes simples : extinction de la lumière et modulation du chauffage dans les pièces inoccupées, fermeture des volets la nuit, interruption des appareils en veille…

Pour l'ensemble du territoire, le gestionnaire du réseau indique que la situation reste sous contrôle. La «bonne mobili­sation» des 46 interconnexions ­interfrontalières permet actuellement d'importer en moyen­ne 5000 MW, pour une capacité physique maximale de 8000 MW. Il reste donc un peu de marge pour supporter une vague de froid accrue.

 

Opérations de maintenance 

 

Chez EDF, les différentes installations en service tournent à plein régime. Cependant, au niveau du parc nucléaire, 51 réacteurs seulement, sur un total de 58, sont aujourd'hui couplés au réseau en raison d'opérations de maintenance. D'ici à la fin de l'année, l'électricien tricolore espère que la totalité des tranches, qui représentent une puissance installée totale de 63.000 MW, seront en fonctionnement. Parallèlement, 6300 MW de capacité de production thermique à flamme sont mobilisés. Et l'opérateur historique s'appuie sur sa branche hydraulique, dont «la réactivité permet d'apporter une réponse aux brusques fluctuations de la demande en électricité». Il suffit en général d'une vingtaine de minutes pour solliciter une installation de ce type.

Enfin, il reste toujours à EDF la possibilité de s'approvisionner sur le marché de gros. Toutefois, les prix ont flambé ces dernières heures, avec un mégawattheure (MWh) qui a franchi la barre des 190 euros, contre 80 euros la veille. Voilà pourquoi EDF insiste sur sa gestion prévisionnelle, «avec l'achat par anticipation de volumes d'électricité sur les marchés et l'utilisation de clauses contractuelles auprès des clients industriels visant à réduire leur consommation». Les entreprises sont donc elles aussi appelées à faire des efforts pour aider à passer cet épisode climatique.

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