Le frère de Mohamed Merah sera présenté dimanche à un juge

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LE FRÈRE DE MOHAMED MERAH SERA PRÉSENTÉ DIMANCHE À UN JUGE
LE FRÈRE DE MOHAMED MERAH SERA PRÉSENTÉ DIMANCHE À UN JUGE

PARIS (Reuters) - Le frère de Mohamed Merah, le tueur responsable de la mort de sept personnes abattu jeudi par la police lors d'un raid, sera présenté dimanche avec son épouse à un juge d'instruction, les enquêteurs estimant disposer de suffisamment d'éléments pour une mise en examen, a-t-on appris samedi de source judiciaire.

Le parquet dira dans la matinée de dimanche quels sont ces éléments dans un réquisitoire introductif.

Abdelkader Merah et son épouse ont été transférés samedi au siège de la sous-direction antiterroriste, à Levallois-Perret, dans la banlieue de Paris, pour achever leur garde à vue de 96 heures maximum après leur interpellation mercredi dernier.

Lors de sa garde à vue à Toulouse, avant son transfèrement, Abdelkader Merah s'est déclaré "fier" des actes commis par son frère, a déclaré une source policière.

Cette source ajoute qu'il a reconnu sa complicité dans le vol, le 6 mars dernier, du scooter Yamaha T-Max qui a servi dans les assassinats de trois militaires et de quatre personnes de confession juive, dont trois enfants, tout en niant être au courant des projets meurtriers de son jeune frère de 23 ans.

Son épouse a adopté une stratégie de défense qui pourrait amener le juge à dissocier son cas de celui de son mari.

Guy Debuisson, son avocat, a déclaré sur BFMTV qu'elle avait dit aux enquêteurs n'avoir "rien à (se) reprocher" et que si les soupçons contre son mari s'avéraient, "ça veut dire que pendant six ans j'ai vécu avec un homme (...) que je ne connaissais pas", ajoutant qu'il n'était "pas là en permanence".

SOUTIEN LOGISTIQUE ?

La garde à vue de la mère de Mohamed Merah a quant à elle été levée vendredi soir à Toulouse.

"Elle n'avait rien vu venir, elle ne pouvait pas le prévoir", a déclaré à Toulouse Jean-Yves Gougnaud, l'avocat de Zoulikha Aziri, qui éprouve selon lui un "sentiment de culpabilité et de remords" pour n'avoir pas pu voir les signes d'une radicalisation de son fils.

Les enquêteurs cherchent à déterminer si Mohamed Merah a bénéficié de complicités mais le patron de la Direction centrale des renseignements intérieurs (DCRI), Bernard Squarcini, a dit dans Le Monde de samedi ne pas croire à l'existence d'un réseau.

La justice a la conviction que Mohamed Merah était seul lors des tueries, mais l'enquête doit dire s'il a agi pour le compte d'une organisation et s'il a bénéficié d'un soutien logistique.

Il a assuré aux policiers qui l'assiégeaient que sa mère et son frère n'étaient pas au courant de ses projets mais les enquêteurs se demandent comment ce jeune homme sans travail a pu se constituer son arsenal et acheter sa voiture.

"Ce sont des armes qu'il dit avoir achetées", a déclaré samedi sur i-télé Ange Mancini, coordonnateur national du renseignement auprès de l'Élysée.

Mohamed Merah a dit aux policiers qui l'assiégeaient qu'il les avait payées 20.000 euros, financés par des cambriolages.

Les enquêteurs vont donc mener un travail de fourmi "pour retrouver l'origine de chaque arme et l'existence de ces braquages", dit une source policière.

Le Colt 45 qui a été retrouvé mercredi dans une Renault Clio et a été formellement expertisé comme l'arme utilisée lors des trois tueries, a-t-on appris samedi de source judiciaire.

Abdelkader Merah était fiché comme un intégriste religieux et avait également été inquiété pour sa participation présumée dans une filière d'acheminement de djihadistes en Irak il y a quelques années, sans être mis en examen.

Selon une source policière, la mère du tueur a épousé le père d'un homme qui appartenait à un groupe radical de l'Ariège dont les membres ont été condamnés pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" en 2009.

Les services de police auraient mis en évidence à partir de 2008 les liens entre les frères Merah et ce groupe, hébergé par un chef religieux auto-proclamé, un Français né en Syrie et surnommé "l'émir blanc."

SÉJOURS EN AFGHANISTAN

Mohamed Merah a dit aux policiers lors du siège avoir accepté une mission d'Al Qaïda pour un attentat lors d'un séjour au Pakistan.

En 2010, Mohamed Merah a effectué un premier séjour en Afghanistan. Selon le procureur de Paris, il est parti par ses propres moyens, avec un visa touristique. Arrêté à Kandahar lors d'un contrôle routier, il est remis aux forces américaines et revient en France.

Le second séjour en 2011, dans la zone tribale du nord-ouest du Pakistan aurait été interrompu par Mohamed Merah lui-même, victime d'une hépatite.

"Il a déclaré au Raid qu'il avait subi un entraînement particulier par une seule personne", assure le "patron" de la DCRI, confirmant que le jeune homme avait voyagé en Turquie, en Syrie, au Liban, en Jordanie et en Israël.

Interrogé à son retour par la DCRI, Mohamed Merah aurait affirmé avoir fait un voyage touristique et cherché une épouse, ajoute le responsable policier.

Yves Clarisse, avec Nicolas Bertin et Gérard Bon, Nicholas Vinocur à Toulouse

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  • dhote le dimanche 25 mar 2012 à 09:53

    Une chance qu'il n'ait pas trouvé d'épouse car aujourd'hui il y aurait une veuve de plus à la charge de la collectivité.