Le frère de Mohamed Merah nie et demandera sa libération

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LE FRÈRE DE MOHAMED MERAH ENTENDU PAR UN JUGE
LE FRÈRE DE MOHAMED MERAH ENTENDU PAR UN JUGE

PARIS (Reuters) - Abdelkader Merah, frère de Mohamed Merah qui a abattu sept personnes en mars à Toulouse et Montauban en se réclamant d'Al Qaïda, a été entendu pour la première fois lundi par un juge sur les faits de complicité d'assassinats terroristes qu'il nie.

Il va demander sa remise en liberté après quelques investigations à opérer par les juges, a dit son avocat Eric Dupond-Moretti après une demi-journée d'audition.

Le suspect a admis devant les trois juges d'instruction son engagement islamiste radical, a dit l'avocat. "Ca ne fait pas de lui un assassin et je vais déposer une demande de remise en liberté après quelques investigations techniques", a-t-il dit à la presse.

Mohamed Merah, un Français de 23 ans, a été abattu le 22 mars à Toulouse par le Raid, unité d'élite de la police, lors d'un assaut donné à son logement où il était retranché depuis plus de 30 heures.

Pendant le siège de son logement, Mohamed Merah a revendiqué auprès des policiers avoir tué trois militaires, ainsi que trois enfants juifs et le père de l'un d'entre eux dans un école.

Son frère est en détention notamment car il a participé au vol du scooter qu'utilisait le tueur. Abdelkader était fiché comme membre de la mouvance islamiste radicale depuis 2007. Mohamed était connu aussi du renseignement français, qui l'avait même interrogé sans l'inquiéter fin 2011, à son retour d'un voyage en Afghanistan.

On sait aujourd'hui qu'il y a sans doute rencontré des islamistes radicaux et a assuré aux policiers pendant le siège qu'il avait reçu une "mission d'Al Qaïda".

"MAUVAIS GÉNIE"

Depuis, l'enquête vise à déterminer s'il a bénéficié éventuellement de soutiens, notamment de la part de son frère. Les juges veulent savoir dans quelle mesure il agissait pour le compte d'un réseau. Un examen judiciaire de ses téléphones a déjà montré qu'il avait passé 1.863 appels, dont 186 à l'étranger, de septembre 2010 à février 2011.

Abdelkader Merah, également mis en examen pour "association de malfaiteurs", était son "mauvais génie", estime un haut magistrat parisien au fait du dossier qui a requis l'anonymat.

"Je pense que les services de renseignement espéraient le retourner et en faire un agent et ils se sont fait enfariner", a-t-il dit à des journalistes.

La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) a nié toute faute et son ex-patron Bernard Squarcini, limogé après l'arrivée de la gauche au pouvoir, avait parlé de "loup solitaire" et estimé qu'il s'était "auto-radicalisé".

Les juges ont obtenu la levée du secret-défense et mis en lumière les liens ambigus entre le jeune islamiste et la DCRI, mais sans démontrer qu'il ait été un informateur ou agent.

Le père de Mohamed Merah a porté plainte pour assassinat en estimant que la police l'avait mis à mort pour cacher le fait qu'il était manipulé. Il assure disposer d'enregistrements audio et vidéo réalisés pendant le siège qui le prouveraient mais ses avocats ne les ont jamais remis à la justice.

Le parquet de Paris explique qu'il est matériellement impossible que Mohamed Merah ait pu réaliser lors du siège et faire parvenir à l'extérieur des enregistrements puisqu'aucun appareil - téléphone portable ou autre - n'a été découvert chez lui après sa mort.

Thierry Lévêque, avec Reuters Télévision, édité par Yves Clarisse

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  • 6mptxis le mardi 11 sept 2012 à 01:48

    Tien la photo pour cet article represente une statue qui tient une balance , qui penche à gauche pour nous sur l écran et à droite pour celui qui la tient , curieux à observer

  • LeRaleur le lundi 10 sept 2012 à 15:49

    Il va dire autre chose, le ONC.