Le fragile cessez-le-feu reconduit à Ersal, au Liban

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(Actualisé avec prolongation de la trêve) par Oliver Holmes et Tom Perry BEYROUTH, 6 août (Reuters) - Le fragile cessez-le-feu entré en vigueur mardi soir au Liban a été prolongé de 24 heures, ont annoncé mercredi des religieux musulmans assurant le rôle de médiateurs, alors que l'armée libanaise et des activistes islamistes se sont encore affrontés aux abords d'Ersal, près de la frontière avec la Syrie. Des tirs de mitrailleuses et des détonations ont retenti en périphérie de la ville alors qu'une trêve de 24 heures était censée être en vigueur depuis 19h00 (16h00 GMT) mardi. Dans un entretien télévisé, des responsables religieux ont annoncé que trois soldats libanais retenus captifs par des activistes avaient été relâchés et que des activistes avaient commencé à se retirer d'Ersal. Les autorités religieuses ont également annoncé de nouvelles négociations afin d'obtenir la libération des 27 autres membres des forces de sécurité retenus dans la ville, dont 10 soldats et 17 policiers. "Le cessez-le-feu tient toujours mais nous ripostons à toutes les violations", a dit un responsable des services de sécurité. D'après un membre des forces de sécurité et un médecin présent à Ersal, de nombreux rebelles ont fui la ville en raison des bombardements de l'armée et se sont réfugiés dans les collines avoisinantes. Interrogé par téléphone, le maire d'Ersal, Ali Hujeiri, a fait état de la présence d'hommes en armes aux abords de sa ville. "Il y a eu un cessez-le-feu mais il n'est pas respecté", a-t-il dit, en jugeant qu'il semblait y avoir eu un afflux d'activistes dans le secteur. "L'armée est toujours là, les hommes armés sont toujours là et ceux qui souffrent, ce sont les civils", a-t-il ajouté. Dix-sept militaires sont morts et 22 sont portés disparus depuis samedi dans ces combats contre ce que les autorités libanaises présentent comme des islamistes venus de Syrie. L'Observatoire syrien pour les droits de l'homme (OSDH) a dit avoir la confirmation d'au moins 41 tués à Ersal, dont 14 civils. Les forces libanaises disent avoir découvert les cadavres de 50 hommes armés lundi au cours de leur progression, rapportent des sources proches des services de sécurité, tandis que d'autres sources dans la ville font état d'un nombre élevé de victimes parmi la population civile. Selon des sources proches des rebelles, la bataille d'Ersal a coûté la vie à plusieurs membres de l'Etat islamique, groupe djihadiste actif en Syrie et en Irak. Parmi ces morts figurent notamment un de leurs chefs, Abou Hassan al Homsi, et un autre chef d'origine jordanienne, selon ces mêmes sources. FINANCEMENT SAOUDIEN Ersal est souvent la première étape des civils fuyant le conflit en Syrie. Les camps de réfugiés des environs abritent des dizaines de milliers de Syriens, dont beaucoup ont tenté de gagner la ville elle-même en raison des dégâts importants provoqués par les combats en cours. Kassem al Zeïn, médecin syrien à l'hôpital de campagne d'Ersal, a déclaré que les activistes "voulaient partir depuis hier mais ils n'ont pas pu en raison des bombardements". "La chose importante, c'est de cesser les bombardements. Les blessés et les morts continuent d'affluer. Depuis ce matin, nous avons reçu 30 blessés, tous par des bombardements ou des snipers. Tous des civils", a-t-il dit. Son hôpital a recensé 36 civils tués depuis le début des combats, a-t-il ajouté. Dix sont des habitants d'Ersal et les autres des réfugiés syriens. Le conflit en Syrie menace la stabilité du Liban en ravivant les tensions entre les différentes communautés religieuses. Le ministère français des Affaires étrangères a déclaré mardi que la France était prête à "répondre rapidement aux besoins du Liban" après un appel lancé par le chef de l'armée libanaise, le général Jean Kahwagi, en faveur de livraisons d'armes françaises. Ces acquisitions de matériel militaire pourraient être financées par l'Arabie saoudite. Cette dernière a débloqué une aide d'un milliard de dollars en faveur de l'armée libanaise, rapporte l'agence de presse saoudienne SPA. L'initiative a été annoncée par l'ancien Premier ministre libanais Saad Hariri, proche de la famille royale saoudienne, après avoir rendu visite mardi soir au roi Abdallah d'Arabie saoudite dans sa résidence de Djeddah, précise SPA. Cette aide va permettre aux forces armées libanaises de "préserver la sécurité et la stabilité du Liban, pays frère de l'Arabie saoudite", a dit Saad Hariri, cité par SPA. (Avec Alexander Dziadosz à Beyrouth et Amena Bakr à Doha; Bertrand Boucey et Agathe Machecourt pour le service français)

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