Le four micro-ondes 13% moins cher sur Internet

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Les produits électrodomestiques sont vendus en moyenne 10% moins chers sur Internet qu'en magasin, d'après un rapport de l'Autorité de la concurrence.

Moins 12,9% pour le four micro-ondes, moins 9,8% pour un lave-vaisselle et moins 10,4% pour une télévision. Ce sont les écarts de prix constatés pour un même produit, selon qu'il est vendu sur un site Internet ou dans un magasin. Le relevé n'a pas été fait par un comparateur de prix, mais par l'Autorité de la concurrence, qui a cherché à évaluer «l'intensité de la pression concurrentielle que le commerce en ligne exerce sur la distribution traditionnelle». Dans un avis rendu mardi, l'institution se félicite que «le développement du commerce électronique, et en particulier l'activité des distributeurs pure players (qui n'ont pas de magasins, comme Amazon, Priceminister et Cdiscount) jouent un rôle d'animation de la concurrence, notamment en prix».

L'Autorité précise toutefois que passer commande en ligne n'est pas toujours plus avantageux: les écarts de prix sont certes importants pour les produits électrodomestiques, mais beaucoup moins pour les parfums et cosmétiques de luxe, et même inexistants pour les produits parapharmaceutiques, deux autres secteurs qu'elle a étudiés. Une situation qu'elle explique par le poids du commerce électronique, estimé à moins de 2% du chiffre d'affaires total pour les deux derniers secteurs, mais à près de 15% pour le premier, «où Internet a permis l'entrée de distributeurs importants qui sont parvenus à bousculer l'oligopole des distributeurs traditionnels».

Les e-commerçants arrivent à proposer des prix plus bas principalement en raison de charges plus faibles que les enseignes qui ont à la fois une activité en magasin et sur Internet (click & mortar). Pour Pixmania, Rueducommerce et autres venteprivée, les charges (en personnel, logistique, marketing, immobilier, etc.) représentent en moyenne 15 à 20% de leur chiffre d'affaires contre 25 à 30% pour Darty ou la Fnac. Pourtant, «les résultats d'exploitation des distributeurs click & mortar sont nettement supérieurs à ceux des pure players», ajoute l'Autorité.

Rappel à la loi

En réalité, souligne l'institution toutefois, «pour la majorité des consommateurs, les sites marchands ne sont pas totalement substituables aux magasins. Les nouveaux outils du commerce électronique stimulent principalement la concurrence entre les distributeurs en ligne, chacun d'entre eux étant "à portée de clic" des consommateurs».

L'Autorité s'inquiète même du fait que le développement des e-commerçants risque d'être freiné. «Il est apparu que certains types de dispositions contractuelles seraient susceptibles de freiner le développement des ventes en ligne». L'Autorité a ainsi constaté que certains fabricants ont choisi de faire bénéficier les magasins de prix plus bas par un système de remises auquel les e-commerçants ne peuvent prétendre. Ou ils choisissent de faire distribuer une gamme de produits uniquement en magasins ou seulement par certains e-commerçants (distribution sélective).

L'institution rappelle que de telles pratiques peuvent être contraires à la loi, mais explique qu'elle ne peut prononcer d'éventuelles sanctions que si un distributeur ou e-commerçant lance un procédure. L'Autorité, qui «continuera d'être vigilante», a déjà jugé des cas de ce type. En 2006, le site Bijourama n'avait pas obtenu le droit de distribuer des montres Festina. Plus récemment, Pierre Fabre a été contraint par l'Autorité de la concurrence française puis la Cour de Luxembourg à proposer ses produits de marques Avène, Klorane, Galénic et Ducray également aux internautes.

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